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SNUipp-FSU du Bas-Rhin

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31 janvier 2012

Rapport Grosperrin sur la formation et le recrutement des enseignants : l’analyse du SNUipp-FSU. Janvier 2012

Ce nouveau rapport parlementaire, signé par le député UMP Jacques Grosperrin, dresse un bilan de la mise en oeuvre de la réforme de la mastérisation.

LES CONSTATS

Le rapport part d’un constat d’échec : « formation professionnelle insuffisante, concours organisé « contre » le diplôme, fermeture du recrutement au milieu modeste ». La commission préconise de ne pas se contenter d’amélioration à la marge et donc de mettre en place « une réforme de la réforme », sans remettre en cause la mastérisation.

Ce constat d’échec, lié à la règle du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux qui a conduit à supprimer les postes d’enseignants stagiaires à l’IUFM, a été confirmé par plusieurs rapports officiels.

Grosperrin reconnaît donc :
- la précipitation
- les incohérences
- que cette mastérisation avait un objectif d’économie (204 millions d’euros)
- que l’autonomie des universités entraîne un manque de cadrage national des masters
- qu’il n’y a pas de véritable alternance
- une césure entre les formations du premier et du second degré
- que l’allongement des études est un discriminant social
- le « scénario du pire » pour les dates du concours et la mise en échec des étudiants
- des épreuves de concours beaucoup trop académiques
- une régression des épreuves du concours pour le CRPE
- que le remplacement des PES en formation par des étudiants est « insatisfaisant »
- un compagnonnage peu efficace
- les menaces de fermeture sur les postes PEMF
- la baisse du nombre des candidats au concours du fait de cette réforme
- le risque d’assèchement du vivier des PLP


LES PROPOSITIONS

Il propose 2 mesures immédiates :
- recrutement des PES fin juin (avec connaissance de leur affectation de rentrée afin de pouvoir préparer la rentrée)
- améliorer les conditions d’entrée dans le métier en personnalisant la formation continuée

CONCOURS : Il souhaite remettre en place un plan pluriannuel de recrutement mais préconise la disparition du concours d’ici 10 à 15 ans et un recrutement des enseignants directement par les établissements.

Place du concours : Il présente les différentes possibilités de la place du concours, leurs avantages et leurs défauts. Pour Grosperrin, l’admissibilité en fin de M1 coupe le master en deux, ne permet pas de véritable alternance et pose le problème de la place de la recherche. Il choisit de défendre l’admissibilité en fin de L3 et l’admission en fin de M2, avec mise en place d’un numérus clausus (voir proposition 4) et une préprofesionnalisation dès la licence. La proposition de conserver le bénéfice de l’admissibilité sur plusieurs années implique une modification statutaire des jurys.

Contenu des épreuves du concours : Il préconise des épreuves d’admissibilité académiques et des épreuves d’admission professionnelles. « Pour le concours de recrutement de professeurs des écoles, toutefois, cet aspect académique ne devrait pas être excessif et conduire à évaluer des connaissances ne figurant pas aux programmes de l’école primaire. » Pour les épreuves d’admission : 1 épreuve globale ou en 2 parties, un oral sur dossier (le mémoire ?) et un questionnement sur la compétence « agir en fonctionnaire de l’état et de façon éthique et responsable ». Il demande la suppression des certifications supplémentaires mais ne parle pas de leur enseignement dans le cursus de master.

STAGES :

Il donne des indications très précises sur la durée, les contenus des différents stages obligatoires. Il préconise des stages de pratique accompagnée en M1 et en responsabilité en M2. Les stages doivent répondre à un cahier des charges conclu entre les universités et les académies. Selon le rapport, ils deviennent obligatoires en cas d’admissibilité, sous forme de stage filé, et correspondent à un tiers-temps de formation. Avec cette augmentation du volume des stages, il considère que le tiers-temps de formation pour les PES devient inutile.

CADRAGE DE LA FORMATION :

Il déclare qu’il faut repenser le référentiel de compétences en mettant plus l’accent sur le socle commun et sur les résultats des élèves. Il ne s’agira plus de transmettre des savoirs mais de permettre aux élèves d’acquérir des connaissances. Il propose des référentiels de formation pour des masters spécialisés qui seraient une sorte de cadrage national des formations masters. Il liste les différents masters « enseignement » qui pourraient exister : – un master « École maternelle » et un master « École élémentaire », qui tous deux permettraient de se présenter au concours de recrutement de professeurs des écoles, mais dont le premier reconnaîtrait la spécificité de l’école maternelle où s’effectue l’entrée dans le langage ; – un master « Collège et lycée général » ; – un master « Enseignement technique » ; – un master « Enseignement professionnel » et un master structuré autour de « l’École du socle commun »

Pour lui, le mémoire de master pourrait être sous forme d’un rapport d’activité des stages qui serait le point de départ d’une recherche.

Formation alternée : Il part d’un schéma de formation théorique et pratique « alternée » ou « intégrée ». C’est pourquoi il plébiscite les masters en alternance, bien que le bilan de cette expérimentation ait montré ses limites.

Développer le système de bourse : Il propose différentes aides financières :
- stages obligatoires rémunérés dès M1
- accompagnement social dès le M1
- aides au logement
- cordées de la réussite
- maintien des bourses et création d’une formation post master (bac+6) pour les reçus-collés
- bourses aux bacheliers méritants issus des quartiers défavorisés (bourses qui pourraient être versées par des entreprises).
- maintien du droit à bourses des reçus-collés.

ANNEE DE FONCTIONNAIRE STAGIAIRE :

L’année de fonctionnaire stagiaire doit être en pleine responsabilité et l’accompagnement sous forme de compagnonnage. La formation initiale se termine en fin de M2. Il n’y a plus de formation continuée pendant la première année de titularisation. Chaque enseignant débutant aurait un tuteur.

TUTORAT

Les étudiants stagiaires en M2 feraient leur stage en responsabilité dans les classes des PEMF ou des tuteurs ce qui leur donnerait du temps de décharge. « En dernier lieu, des décharges de service pourraient être accordées à des enseignants dont la compétence pédagogique est reconnue et pour qui, l’âge de la retraite étant proche, les heures de cours sont lourdes, afin de leur permettre d’exercer la fonction de tuteur. » Il préconise :
- des VAE pour les PEMF afin de leur permettre d’exercer en master
- la création de maîtres formateurs dans le second degré en donnant du temps de décharges aux conseillers pédagogiques
- la mise en ligne de cours élaborés par des collectifs d’enseignants

LABELLISATION PEDAGOGIQUE PAR L’EN :

Il souhaite élaborer un corpus de « références pédagogiques opposables ». Il évoque « un « état des connaissances, scientifiquement étayées, sur les processus d’apprentissage » qui devrait être relayé auprès des enseignants, afin qu’ils sachent, avec certitude, quels gestes professionnels doivent être évités en classe et quels sont, au contraire, les plus efficaces d’entre eux. » Selon lui « Deux mesures complémentaires devraient être adoptées à cet effet : – une « haute autorité » devrait être créée pour définir des « références pédagogiques opposables », sur le modèle des références médicales opposables ; – des financements devraient être accordés – sous la forme par exemple de bourses de thèse – aux recherches menées en ce domaine, afin d’enrichir le corpus des connaissances mis à la disposition des enseignants. » Sur le terrain, la « plus value pédagogique » du travail de collectifs d’enseignants devra être validée par les corps d’inspection.


L’AVIS DU SNUIPP-FSU

Si le SNUipp-fsu partage un certain nombre de constats, ce rapport n’apporte pas suffisamment de solutions efficaces et satisfaisantes pour remédier aux carences de la formation initiale.

Plusieurs références explicites au socle commun visent à intégrer les principes de la loi Fillon de 2005 sur un minimum à acquérir. « Mettre en place un master de l’Ecole du socle commun » et « inclure dans la licence des modules relatif au socle commun de connaissances et de compétences ».

Il revient sur les arguments d’un salaire beaucoup plus élevé en début de carrière, mais oublie de dire que l’année de PE2 est perdue pour le salaire et pour l’AGS. De plus, « Des enseignants mieux rémunérés » ne peut se concevoir dans les seules limites de revalorisation des débuts de carrière. Le salaire des enseignants après 15 ans d’exercice, est très en dessous de la moyenne de l’OCDE.

« A terme, remplacer le concours par le master et confier aux autorités académiques ou aux établissements le soin de recruter, sur la base d’un entretien professionnel, les enseignants » y compris non formés mais bénéficiant « de la validation des acquis de l’expérience », remet en cause le statut de la fonction publique et l’égalité de traitement des candidats sur tout le territoire.

Il y a un risque de formatage pédagogique car « Créer une haute autorité en charge de la définition de références pédagogiques opposables » remet en cause la liberté pédagogique et l’idée qu’un enseignant est concepteur de son enseignement.


LISTE DES 18 PROPOSITIONS ET COMMENTAIRES

PropositionsCommentaires
Proposition n° 1 :
Engager dès maintenant une réflexion sur un nouveau système de formation initiale et de recrutement des enseignants à mettre en oeuvre à partir de 2013.
Le SNUipp demande le retrait de la réforme et l’ouverture de négociations pour une toute autre formation.
Proposition n° 2 :
Inclure dans la licence des modules relatifs au socle commun de connaissances et de compétences et aux technologies de l’information et de communication pour l’enseignement et organiser, dès la deuxième année d’études, des stages d’observation en milieu scolaire, préparés et encadrés.
Le SNUipp est favorable aux modules de préprofessionnalisation dès la licence (stages préparés et modules de formation). Mais ceux-ci ne peuvent se réduire au « socle ». Ils doivent permettre d’appréhender les aspects didactiques et pédagogiques liés aux savoirs à enseigner.
Proposition n° 3 :
Mieux articuler le concours et le master en organisant des épreuves d’admissibilité, à caractère académique, en fin de licence et des épreuves d’admission, à caractère professionnel, en fin de master, celles-ci devant évaluer les compétences didactiques des candidats et leur capacité à appréhender les problématiques transversales du métier et de l’école.
Des épreuves d’admissibilité à caractère uniquement académique conduisent à faire une sélection disciplinaire. Ce n’est pas cohérent avec la mise en place de la préprofessionalisation dès la licence.
Pour le SNUipp, les épreuves de concours doivent intégrer les dimensions dicsiplinaires, didactiques et professionnelles, dès l’admissibilité.
Proposition n° 4 :
Fixer le nombre de places en première année de master « Enseignement » en fonction du nombre de postes ouverts par le concours, augmenté de X %.
Problème : mise en place d’une sélection à l’entrée du M1, même si cela permet de gérer les flux d’étudiants et de limiter le nombre de reçus-collés.
Proposition n° 5 :
Publier, chaque année, un plan de recrutement des personnels enseignants couvrant une période de cinq ans.
Point d’appui pour fixer le nombre de places au concours et rendre plus attractif le métier.
Proposition n° 6 :
Construire le master sur le principe d’une véritable alternance entre la pratique professionnelle et les enseignements concernant les savoirs disciplinaires et didactiques, la pédagogie et les problématiques transversales du métier (travail en équipe pédagogique, sciences cognitives, tenue de classe, etc.)
L’alternance doit permettre une formation intégrée et non une juxtaposition de périodes de stage en responsabilité et de formation théorique, comme c’est plus généralement le cas actuellement avec l’expérimentation des masters en alternance.
Proposition n° 7 :
Prévoir des stages, obligatoires et rémunérés, de pratique accompagnée en première année de master et en responsabilité en deuxième année, d’une durée égale à un tiers du service d’enseignement, et supprimer la formation continuée des enseignants stagiaires.
Le SNUipp s’oppose à la suppression de l’année de formation des fonctionnaires stagiaires et à la mise en pleine responsabilité dès la rentrée. L’alternance en M2 ne peut se réduire à un stage filé sur l’année, comme le préconise le rapport. Les stages doivent être mieux définis pour être articulés à la formation et permettre une formation intégrée. Mais cette proposition va plus loin que la réforme, avec une rémunération de tous les stages, dès le M1.
Proposition n° 8 :
Centrer le mémoire de recherche sur les stages effectués par l’étudiant.
Le mémoire de recherche ne peut se réduire à un rapport de stage.
Proposition n° 9 :
Cadrer le contenu des masters par la publication d’un cahier des charges de la formation aux différents métiers d’enseignant conclu entre l’État et les universités.
Le SNUipp demande un cahier des charges de la formation ainsi qu’une carte nationale des formations pour garantir l’équité sur le territoire.
Problème : cette proposition s’oppose au projet de loi déposé par le même député qui vise à supprimer toute référence à l’IUFM et à faire disparaître le cahier des charges de la formation, renvoyant son cadrage à un référentiel de compétences des enseignants.
Proposition n° 10 :
Bâtir des masters spécialisés par types de métier d’enseignant et mettre en place un « master de l’École du socle commun » destiné à favoriser l’enseignement de grands champs disciplinaires en fin de primaire et en début de collège.
Ce découpage par niveau d’enseignement pose la question de la conception du métier. Si la liaison école-collège est une problématique importante du métier, elle ne peut être abordée par l’entrée du socle commun, auquel le SNUipp s’oppose.
Proposition n° 11 :
Renforcer le dispositif d’aides aux étudiants se destinant à l’enseignement et l’appliquer dès la première année de master.
Point d’appui pour favoriser l’accès au métier des étudiants issus de milieux défavorisés. Mais dispositif insuffisant pour compenser l’allongement de la durée d’étude et pour rendre attractif le métier. Le SNUipp demande la mise en place de pré-recrutements.
Proposition n° 12 :
Créer un dispositif de bourses pour financer les études de bacheliers méritants issus de territoires défavorisés s’engageant à passer le concours et à enseigner dans leur académie d’origine.
Proposition n° 13 :
Développer le recrutement des enseignants sur la base de la validation des acquis de l’expérience, en particulier pour les spécialités professionnelles pour lesquelles il n’y pas de diplôme de master.
Proposition n° 14 :
Assurer le tutorat de chaque étudiant stagiaire et enseignant débutant en le confiant à des enseignants formés à cet effet.
La formation professionnelle ne peut se réduire à un simple tutorat qui risque de conduire à un formatage et ne permet pas la reflexivité sur les pratiques . Le SNUipp demande que l’accompagnement des stagiaires soit assuré par des équipes pluricatégorielles de formateurs et qui alterne des temps de pratique et de formation.
Proposition n° 15 :
Élaborer un portefeuille de compétences, renseigné par le tuteur, permettant de suivre les progrès des étudiants stagiaires et des enseignants débutants dans l’acquisition des savoirs professionnels.
Le SNUipp est favorable à la clarification des compétences attendues qui puisse être utilisée comme outil de formation et non comme simple moyen de validation du tuteur.
Proposition n° 16 :
Mieux encadrer la pratique professionnelle des enseignants débutants :
– en instituant des maîtres formateurs dans le second degré et en leur accordant une décharge ;
– en confiant une mission d’audit des équipes pédagogiques, sur la base d’objectifs fixés par discipline, aux corps d’inspection ;
– en créant une haute autorité en charge de la définition de « références pédagogiques opposables » et en finançant des recherches pour évaluer les effets des pratiques enseignantes novatrices et de la formation initiale dispensée aux professeurs.
Les « références pédagogiques opposables » vont à l’encontre de la définition d’un métier de conception. La question se pose de qui serait membre de cette « haute autorité ». Les audits d’équipes ressemblent à moyen de contrôle des pratiques enseignantes.
Proposition n° 17 :
Mieux encadrer l’affectation des enseignants débutants :
– en soustrayant les enseignants stagiaires des mutations annuelles liées au mouvement des personnels ;
– en faisant signer aux enseignants stagiaires et aux nouveaux titulaires affectés en éducation prioritaire un contrat précisant leurs conditions de travail et en leur attribuant une « prime à l’affectation » leur permettant de revenir, au bout de cinq ans, dans l’académie où ils ont passé le concours.
Le SNUipp s’oppose à l’affectation des stagiaires sur un poste classe. Il demande à ce que les stagiaires soient affectés à l’IUFM et ne se retrouvent pas en pleine responsabilité d’une classe à l’année.
Proposition n° 18 :
Engager une réflexion sur l’avenir et le statut des instituts universitaires de formation des maîtres afin qu’ils conservent leur rôle de pôles universitaires de proximité.
Dans le même temps J Grosperrin dépose un projet de loi faisant disparaître toute référence à l’IUFM pour assurer la formation des enseignants.

 

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