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27 mars 2012

Déclaration du SNUipp-FSU au CSE du 22 mars 2012.

Alors qu’approche l’heure des bilans du fait des prochaines échéances électorales, nous souhaiterions aborder quelques aspects de l’évolution de l’école primaire.

Outre les massives suppressions de postes qui laissent l’école asséchée et une formation professionnelle des enseignants initiale et continue délabrée, l’école primaire a été totalement déboussolée par des mesures prises ici souvent sans concertation.

Un indicateur : regardons précisément l’enquête menée par le Café pédagogique. Pratiquement aucune mesure imposée dernièrement notamment au sein de ce CSE, sans prendre en compte notre avis, ne trouve grâce aux yeux des enseignants. Que chacun en juge : à l’école primaire, l’aide personnalisée est nettement rejetée : 89% des enseignants sont contre son maintien en l’état. 74% demandent la suppression des évaluations nationales chères au coeur du ministre. 94% s’opposent aux suppressions des Rased. Dans les réponses libres, on note de nombreuses demandes d’un retour aux programmes de 2002, ce qui veut dire qu’au bout de 4 ans les programmes de 2008 ne sont toujours pas acceptés. Le Livret personnel de compétences, véritable usine à cases qui vient alourdir le travail des enseignants est majoritairement rejeté. Résultat : les enseignants manifestent spontanément une véritable exaspération contre la pression hiérarchique, contre une politique de dénigrement dont nous sommes la cible. Aujourd’hui, se multiplient dans les départements des dispositifs d’évaluations en CP, en CE2, en CM1, en sciences, en lecture, en mathématiques. L’évaluation tourne à l’obsession sans pour autant que les enseignants aient les moyens et le temps de bien faire leur métier pour s’attaquer concrètement aux difficultés scolaires. Cette pression nouvelle sur les enseignants dont le métier se résumerait dorénavant à appliquer des techniques ou autres protocoles sous le contrôle d’indicateurs douteux n’aide pas l’école à avancer.

Sur le terrain, les enseignants qui s’engagent pour aider tous les élèves à réussir sont exaspérés. Mais ils ont encore « foi » dans leur métier. Pour eux, l’échec, ce n’est pas une statistique mais un nom, un prénom, un regard. C’est parce qu’ils ne sont pas indifférents à l’échec scolaire que l’école tient encore debout. C’est une richesse sur laquelle il faut s’appuyer au lieu de l’assécher. Il est grand temps de prendre appui sur leur expertise en leur donnant les moyens et le temps de faire du travail de qualité. L’école a besoin de retrouver de la sérénité, mais aussi une politique d’investissement.

Notre école primaire a besoin de confiance ; confiance et fierté absentes des orientations que vous avez régulièrement présentées à ce CSE. C’est une urgence pour tous les élèves de ce pays.

 

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