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16 octobre 2012

Refondation de l’école : sujets de discussions. Octobre 2012

Suite à la concertation, le président de la République puis le ministre de l’éducation nationale ont annoncé les points retenus pour les discussions à venir. Certains verront leur concrétisation dès la rentrée 2013, d’autres sur un calendrier à plus long terme. Depuis le lundi 15 octobre, des discussions se sont ouvertes en présence du ministre avec les organisations syndicales représentatives. Elles devraient se poursuivre jusqu’en novembre. Il consultera, par ailleurs, les collectivités locales, les mouvements d’éducation populaire, les parents d’élèves, les organisations étudiantes et lycéennes. Pour le SNUipp-FSU, la négociation devra apporter des réponses concrètes sur de nombreux sujets : formation, évaluation des élèves, révision des programmes, organisation de l’école, conditions d’exercice du métier, baisse des effectifs dans les classes, lien avec les familles, réhabilitation des RASED, retour d’une vraie formation continue, rémunérations... Les mesures qui seront prises devront améliorer l’école pour les élèves comme pour les enseignants qui ont besoin de confiance et de reconnaissance.

Les points essentiels retenus pour la rentrée 2013

Priorité au primaire :
- Accueil des moins de trois ans à l’école maternelle en commençant par les territoires où il y a le plus de besoins.
- Mise en place du « plus de maîtres que de classes », dispositif qui nécessite une formation et une réflexion sur les modalités. Cette mesure devrait d’abord concerner en priorité les territoires en difficulté.
- Devoirs à réintégrer dans le cadre scolaire, nouvelle évaluation des élèves à élaborer, réflexion à mener autour du redoublement jugé inefficace.

La loi de programmation devrait assurer pour les cinq années à venir cette priorité en terme de moyens. Si les besoins en postes sont importants pour réduire le nombre d’élèves par classe, cela ne suffira pas sans formations à la hauteur et sans retour à des relations apaisées dans l’institution. Les enseignants doivent pouvoir concentrer toute leur énergie sur leurs missions et les relations aux élèves, aux familles, le travail en équipe... : les injonctions à remplir des documents inutiles et chronophages doivent cesser. Les enseignants sont démunis face à des élèves en grande difficulté qui relèvent d’aides spécialisées. Le rôle des RASED doit être réaffirmé, redéfini et renforcé. Le SNUipp-FSU rappelle que le dispositif "plus de maîtres" ne doit pas être pensé comme un dispositif de soutien mais comme un dispositif permettant de travailler autrement. Enfin, le SNUipp-FSU demande que, dans le cadre de la réécriture des programmes, soient repensées les "éducations à" pour qu’elles trouvent leur place sans alourdir les emplois du temps.

Ecole maternelle :
- Redéfinition des missions de l’école maternelle, aire des 3 ou 4 années d’école maternelle un cycle 1, favoriser l’approche particulière de la pédagogie à l’école maternelle, formation spécifiques aux problématiques qui lui sont propres.
- Remise en place d’une formation spécifique aux problématiques de la maternelle.

Le SNUipp-FSU a exigé des conditions d’accueil et de scolarisation des plus petits (taux d’encadrement, effectifs, collaboration avec les personnels petite enfance, matériel et locaux adaptés, lien aux familles...).

Socle :
- Un nouveau socle appelé "socle commun de connaissances, de compétences et de culture", qui dont constituer un tremplin et ne pas être conçu comme une fin en soi.
- Définition des contenus d’enseignement. Ce sera le travail du nouveau conseil supérieur des programmes.

Pour le SNUipp-FSU, cette nouvelle définition des savoirs indispensables doit viser à la réussite de tous les élèves et permettre la poursuite des études pour tous. La redéfinition du socle en y intégrant les dimensions portées par notre conception de la culture commune nécessite cependant de clarifier les choses. Maintenir simultanément socle et programmes ne peut aboutir à avoir une double prescription qui crée des incohérences.

Organisation des cycles :
- organisation de la scolarisation en cycles de 3 années.
- Après le cycle de l’école maternelle (3 ou 4 ans), il pourrait exister un cycle CP/CE1/CE2, puis un cycle CM1/CM2/6ème.
- Idée d’un cycle à cheval entre école et collège qui renvoie à une volonté de mieux organiser les liens entre les niveaux, création éventuelle d’un conseil pédagogique commun institutionnel "école-collège".

Pour le SNUipp-FSU, si les articulations entre niveaux, et notamment entre l’école et le collège, doivent être améliorées, la formule pourrait vite ressembler à une coquille vide ou, a contrario, à une usine à gaz qui créerait plus de problèmes qu’elle n’en résoudrait. Les réalités géographiques notamment rendent la mise en oeuvre peu réaliste. Plutôt que d’inscrire dans la loi une décision bien éloignée des réalités, il semble préférable de travailler aux continuités en favorisant le travail en commun des équipes, en oeuvrant à la mise en place de formations communes pour que les enseignants connaissent les caractéristiques des autres niveaux d’enseignement que le leur, à une plus grande cohérence des programmes. La mise en place d’un conseil pédagogique commun interroge sur sa mise en oeuvre concrète : sur quels temps, avec quels moyens, ne serait-ce que pour les frais de déplacement occasionnés ? Avec quel pilotage, par qui ?

Direction et fonctionnement de l’école :
- Le sujet n’a pas encore été abordé avec le ministère. Il en sera reparlé mais ce dossier n’est pas ouvert dans le cadre de la refondation.
- Aide administrative évoquée...

Pour le SNUipp-FSU, il n’est pas envisageable d’alourdir les tâches des directeurs, notamment en ce qui concerne la nouvelle organisation des cycles et une éventuelle liaison avec le collège par un conseil pédagogique commun.

Formation des enseignants :
- Des Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education ouvriront dès la rentrée 2013 pour former les enseignants.
- Des discussions en lien avec l’enseignement supérieur s’ouvriront sur les contenus et la place du concours ainsi que sur les maquettes des Masters.
- La question des pré-recrutements devrait être précisée.

Enseigner est un métier qui s’apprend. Nous continuerons de défendre : des modalités de professionnalisation par l’alternance entre “théorie et pratique”, un accompagnement des étudiants et stagiaires notamment par des formateurs du premier degré, un lien avec l’université et la recherche, une entrée progressive dans le métier. Les futures ESPE doivent avoir une autonomie budgétaire et pédagogique pour remplir ces missions avec un cadrage national des formations. Pour le SNUipp-FSU, assurer le vivier de candidats et démocratiser l’accès au métier, sont des enjeux majeurs qui impliquent aides sociales et pré recrutements conséquents. La formation continue, singulièrement absente des propositions, doit redevenir une priorité dans une période de profondes mutations.

Rythmes éducatifs :
- Le ministre a annoncé que, dès septembre 2013, les écoles reviendront à 4 jours et demi.
- Il annonce également vouloir changer le rythme de la journée de l’élève : mise en place d’activités péri-scolaires culturelles et sportives, d’un accompagnement aux devoirs, et de projets éducatifs ...

Les annonces médiatiques ne favorisent pas la sérénité dans les salles des maîtres ! Les enseignants se posent des questions légitimes sur les conséquences du retour à 4,5 jours pour les élèves comme pour eux. Des engagements devront être pris concernant l’articulation du temps scolaire et périscolaire. Car de fait, il est hors de question que la réforme génère de nouvelles inégalités en matière d’offre éducative en faisant porter son coût sur les collectivités, ou sur les parents. Hors de question aussi que cela dégrade les conditions de vie personnelle et professionnelle des enseignants. Si nous changeons, c’est pour du mieux ! Depuis plusieurs mois, le syndicat a clairement expliqué qu’il mettrait sur la table l’exigence de l’allègement du temps de service et de la revalorisation salariale.

Education prioritaire :
- Abandon des labels mais "aide" apportée directement aux écoles en fonction de leurs spécificités territoriales, scolaires et sociales.
- Dispositif de pilotage et d’animation pour venir en appui aux équipes éducatives dans les établissements en difficulté.
- Affectation d’enseignants expérimentés sur la base du volontariat et garantie d’une grande stabilité des équipes en accordant de meilleures conditions de travail.
- Carte scolaire réaffirmée.

L’éducation prioritaire doit être repensée avec la plus grande attention. C’est là que sont concentrées les plus grandes difficultés et c’est donc là que se gagnera la démocratisation de l’école. A partir d’une cartographie nationale des difficultés scolaires, il faut un label national qui cible des territoires urbains et ruraux et faire varier à l’intérieur de ces zones les modalités d’aides supplémentaires. Ces moyens doivent permettre la scolarisation des moins de 3 ans et le plus de maîtres que de classes. Ces zones doivent bénéficier de temps pour le travail en équipe, de décharges pour les directeurs, de formation et d’accompagnement, d’implantation de postes de maîtres formateurs. La réflexion sur la stabilité des équipes doit inclure la reconnaissance indemnitaire.

Gouvernance :
- Création d’un conseil des programmes appelé à réviser les programmes et repenser totalement le nouveau socle commun.
- Création d’une instance indépendante pour l’évaluation du système éducatif.

Le SNUipp-FSU était demandeur de la création de ces deux instances. L’élaboration des contenus à enseigner doit se faire en toute transparence avec l’apport d’experts, de chercheurs et d’enseignants. De même, l’évaluation de l’école doit rester indépendante des pouvoirs politiques.

Enseignement des langues :
- La question de l’enseignement et non d’une initiation d’une LVE dès le CP n’avait pas fait l’objet de demandes lors de la concertation et souhaite un bilan préalable de la généralisation en CE1.

Le SNUipp-FSU rappelle le manque de formation des enseignants et exprime sa crainte, à vouloir aller trop vite, de charger encore la barque des enseignants.

Numérique :
- Plan d’équipement des écoles dont le financement devrait être assuré par la Caisse des Dépôts et Consignations. Conception et mise en ligne de ressources pédagogiques.
- Formation des enseignants.
- Création d’un service public de l’éducation numérique, et dans ce cadre, d’une aide aux devoirs.

Le retard pris par la France est important. Le primaire est largement sous investi. Le numérique, adapté et au service des pratiques des enseignants, peut apporter du mieux dans les classes à condition qu’équipement, maintenance, formation et accompagnement sur le terrain par des personnels formés soient au rendez-vous.

Les points essentiels retenus pour la suite du quinquennat

- La question du métier d’enseignant sera un chantier à venir sur du plus long terme avec la nécessité de penser autrement les carrières (en terme de cadre d’emploi, d’évolution de carrière, de rémunération).
- Le dossier de l’évaluation des professeurs devrait à nouveau être ouvert.

Pour le SNUipp, certaines questions liées au métier d’enseignant ne peuvent attendre : conditions de travail et rémunérations doivent être discutées dès maintenant.

 

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