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4 février 2013

" Peillon au bord de la (dé)prime... ne nous laissons pas abuser ! " Février 2013

On savait depuis quelques temps que Vincent Peillon commençait à réfléchir à un geste en direction des PE. D’après le journal « Les Echos », le ministre de l’Education Nationale s’apprêterait à accorder une prime de 400 € annuelle, qu’il annoncerait dans les quinze jours. Une prime justifiée par les bas salaires PE et qui s’inscrit dans un contexte tendu, alors que se prépare la grève du 12 février…

Réduire l’écart avec le secondaire

Vincent Peillon assurait il y a quelques jours encore qu’il n’était pas question d’une « compensation » pour la mise en place des nouveaux rythmes scolaires. L’idée serait de réduire l’écart entre le primaire et le secondaire.

Plusieurs rapports sont parus, mettant en évidence le déclassement des enseignants du premier degré.

1. En septembre, les « Regards sur l’éducation 2012 » de l’OCDE rappelait que les PE français étaient à la traîne de leurs homologues étrangers, touchant au bout de quinze ans de carrière 5 000 $ de moins chaque année qu’un PE portugais, 10 000 $ de moins qu’un PE espagnol ou américain, 20 000 $ de moins qu’un PE allemand et… 60 000 $ de moins qu’un PE luxembourgeois !

Le rapport mettait aussi en évidence un écart important, en France, entre le primaire et le secondaire : en France, une heure de cours dans un collège est rémunérée 50% de plus qu’une heure de cours en primaire.

2. L’écart avec le secondaire est apparu plus manifeste à la lecture de ce rapport de la DGAFP, que les PE sont nettement moins payés que les profs de secondaire (jusqu’à 600 € par mois au bout de 15 ans), mais aussi qu’un agent de police, niveau gardien de la paix ou brigadier, pourtant de catégorie B (niveau Bac ou Bac+2 contre catégorie A et Bac+5 pour un PE) ! Alors que la tendance dans la fonction publique est à l’augmentation des primes et indemnités au détriment du traitement indiciaire, les PE, qui ne bénéficient quasiment pas de prime ni d’indemnité, se retrouvent à la traîne. En fait, seuls les ouvriers et employés de catégorie C sont moins bien payés que les PE…

Que vaut cette prime ?

Par les temps qui courent, 400 €/an, ce n’est pas négligeable . Mais pour percevoir la portée de cette prime, il faut la remettre en perspective.

- la prime est censée être une sorte d’équivalent à l’indemnité de suivi et d’orientation des élèves (Isoe), touchée par les enseignants du secondaire ; l’Isoe est de 1200 € annuels, la prime PE vaudrait donc 1/3 de l’Isoe.

- 1/3 de l’Isoe du second degré alors que les enseignants du 1er degré effectuent 27 heures de services devant élèves contre 18 heures pour un professeur certifié.

- ces 33 € mensuels, soit environ 8 € par semaine, sont à mettre en balance avec les frais que la venue à l’école le mercredi va engager pour de nombreux enseignants : frais kilométriques, garde d’enfants...

Peillon joue gros

Peillon répète que cette prime n’est pas à relier avec la réforme des rythmes scolaires. La veille de la grève du 22, il disait : « Je ne demande pas plus de travail aux enseignants, il n’y a donc pas de compensation à avoir ».

On peut toutefois se demander si la démonstration de force des PE parisiens, ce mardi-là (85% de grévistes), n’a pas quelque peu infléchi les positions au ministère. Est-ce là une manière d’ « acheter » un peu de paix sociale ?

Peillon sait qu’il doit impérativement désamorcer la grogne dans les jours à venir, il sait le risque d’embrasement : il a entendu l’appel à la grève, national et (presque) unitaire cette fois-ci, lancé pour le mardi 12 février, et doit se dire qu’en cas de forte mobilisation, il ne pourra plus plaider « l’exception parisienne », cette fois-ci…

Les PE ne doivent pas se laisser abuser : un début de revalorisation est nécessaire mais pas suffisant...

On sait que la question des salaires est une des préoccupations des enseignants du 1er degré. La prime sera-t-elle de nature à atténuer la colère, à amender les (op)positions ?

L’annonce de cette prime, qui reste à se vérifier, doit simplement être reçue comme une nouvelle, qui ne doit en aucun cas occulter la question des rythmes scolaires et notre opposition au décret.

Même avec l’annonce d’une prime...les PE seront en grève le 12 février pour dire :

NON au décret sur les rythmes scolaire !

OUI à la refondation de l’école mais PAS SANS NOUS !

 

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