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30 mai 2014

Evaluation à l’entrée au CE2 : coup de projecteur sur les vrais enjeux de la réussite des élèves

Communiqué de presse du SNUipp-FSU, Paris, le 27 mai 2014

Le ministère vient de rendre publique une évaluation à l’entrée de CE2 sur les acquis des élèves. Pour le SNUipp-FSU, l’enjeu fondamental de la lutte contre les inégalités scolaires n’est pas réductible à une réforme des rythmes mais concerne en priorité la pédagogie, les conditions d’enseignement et le fonctionnement de l’école.

Vous trouverez ci-dessous l’analyse du SNUipp-FSU.

Le ministère vient de rendre publique une évaluation sur les acquis des élèves en début de CE2. De cette étude, il ressort très clairement que l’amélioration de certaines performances observées à l’entrée au CP en 2011 n’a finalement pas d’effet sur le niveau global des élèves deux années plus tard en CE2. Selon l’évaluation, de 1999 à 2013, le niveau des acquis des élèves de CE2 est resté stable ou a même légèrement baissé (orthographe, vocabulaire, comparaison des nombres, résolution de problèmes numériques).   Pour le SNUipp-FSU, il est possible de tirer deux enseignements. En maternelle comme en CP-CE1, tout s’est trop focalisé sur la lecture au détriment des apprentissages mathématiques. Et dans le même temps, en lecture, l’accent a été trop mis sur le déchiffrage et pas assez sur la compréhension. C’est ainsi que les domaines pointés en progrès à l’entrée au CP correspondaient à des compétences entraînées et systématisées à la maternelle (connaissances du code – les lettres et leurs sons - des nombres) au demeurant nécessaires mais pas suffisantes pour la réussite scolaire ultérieure. Or, l’évaluation en début de CE2 montre bien que les compétences d’expression orale, de maîtrise de la langue, la conscience des nombres – non évaluées à l’entrée au CP dans l’étude de septembre- sont pourtant déterminantes pour la compréhension d’un texte et la résolution de problèmes mathématiques.   De toute évidence, cette étude est un appel à repenser les programmes et la pédagogie de l’école. Faire de la grande section un « pré-CP » focalisé sur les premiers déchiffrages n’améliore pas la réussite scolaire ultérieure.

Comme l’a montré l’Inspection générale, les apprentissages prématurés profitent toujours aux élèves les plus forts et fragilisent encore davantage ceux qui sont en difficulté. Il est temps de restituer à l’école maternelle sa spécificité pédagogique dosant progressivement premiers apprentissages et développement langagier, culturel, sensoriel et moteur de l’enfant. L’instauration d’un nouveau cycle « maternelle » ne peut pas se résumer à un acte administratif : il doit avoir une déclinaison pédagogique. A l’école élémentaire aussi, les futurs programmes devront répartir de manière plus équilibrée ce qui relève des activités mécaniques d’entraînement et ce qui relève de l’accès au sens.   Mais tout cela ne suffira pas. Depuis plus de 10 ans, les enseignants sont lassés des changements incessants de programmes scolaires (2002, 2007, 2008) sans bénéficier d’accompagnement et de formation. Notre école a besoin en priorité d’un plan ambitieux de formation continue alimenté par les recherches récentes à destination des formateurs et des enseignants. A l’instar de ce qui avait été élaboré pour la lecture en 2003 et qui n’a jamais été exploité, le SNUipp-FSU demande la tenue d’une conférence de consensus sur les premiers apprentissages mathématiques. La synthèse de ces travaux de recherche doit être diffusée dans les écoles et utilisée en formation. De même, il est nécessaire d’améliorer les conditions d’apprentissage notamment en réduisant le nombre trop élevé d’élèves par classe, en développant les réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté et en déployant le « plus de maîtres que de classes » à grande échelle.   Pour le SNUipp-FSU, l’enjeu fondamental de la lutte contre les inégalités scolaires n’est pas réductible à une réforme des rythmes mais concerne en priorité la pédagogie, les conditions d’enseignement et le fonctionnement de l’école.

 

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