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23 février 2016

Temps de travail des enseignants : le SNUipp-FSU au Ministère... Toujours pas le compte pour nos conditions de travail !

Après un premier rendez-vous en novembre dernier, le ministère a réuni les organisations syndicales sur le projet de décret des obligations de services des enseignants du primaire. Ce texte cadre à la fois la situation générale des PE et des cas particuliers de certaines fonctions dont les enseignants spécialisés.

De l’ambition, c’est du temps et de l’argent

La discussion est bornée par le ministère qui se limite à intégrer la circulaire des 108h de 2013 qui transformait les 60h annuelles d’AP en 36h d’APC dans le décret. Pour le SNUipp-FSU, Il ne s’agit que d’une simple mise à jour réglementaire sans aucune ambition. Le projet ne répond absolument pas à l’intensification de la charge de travail vécue par les enseignants des écoles notamment depuis la réforme des rythmes.

D’une manière générale, le SNUipp-FSU a donc défendu le principe « du temps et de l’argent » pour les enseignants des écoles :
- du temps en nous déchargeant des tâches administratives chronophages et inutiles et en supprimant les 36 H d’APC comme nous le demandons à travers notre pétition « du temps, de la confiance et des moyens » http://petition.snuipp.fr
- de l’argent en réaffirmant la nécessité de reconnaître notre engagement professionnel avec une ISAE à 1 200 euros et une hors classe accessible à tous.

La notion de forfait, ce doit être de la confiance

Depuis le premier échange de novembre, le ministère revient sur sa rédaction initiale et réintroduit dans la répartition des 108h la notion de forfait valable dorénavant pour un seul bloc de 48h qui contiendrait les anciennes 24h annuelles pour les « travaux en équipes pédagogiques, comme les conseils des maitres, les réunions de cycle, la mise en œuvre des PPS, la relation aux parents, ... » et les autres 24h consacrées « à l’organisation des activités pédagogiques complémentaires » (art 3 – I). Rien de nouveau donc dans les missions dont on sait qu’elles dépassent les 48 heures annuelles d’où notre demande de suppression des APC.

Pour le SNUipp-FSU, le ministère ne va pas assez loin dans la mise à la libre disposition des heures aux équipes. Mais, l’inscription de la notion de forfait que nous demandions constitue un premier point d’appui réglementaire pour mettre fin aux tableaux de bord décomptant les heures et pour laisser les enseignants s’organiser librement.

Au milieu du gué pour les fonctions spécifiques

Le projet s’attache également à stabiliser la situation des enseignants exerçant des fonctions spécifiques au sein de dispositif ou de structures spécialisés.

Pour les enseignants des ULIS écoles, RASED, et ceux exerçant en ESMS (art 3 – II), la référence à 24h d’enseignement devient la norme. Par contre, le décret ne définit pas le contenu des 108h annuelles qui devraient être précisées dans des arrêtés.

- Le SNUipp-FSU a insisté pour que ces projets d’arrêté soient présentés en même temps que le décret en comité technique ministériel. Pour le SNUipp-FSU, il ne peut pas aller au-delà du cadre actuel à savoir : « le temps consacré par les enseignants spécialisés chargés d’une Ulis ou d’un Rased à la concertation aux travaux en équipes pédagogiques, aux relations avec les parents ou à la participation aux conseils d’école est égal à 108 heures annuelles. »

- Pour les ESMS, des précisions doivent être apportées dans un groupe de travail que nous avons demandé avec le SE-UNSA et le SGEN-CFDT.

Les enseignants en milieu pénitentiaire

Pour les enseignants en milieu pénitentiaire (art 4), le ministère acte les 21h d’enseignement mais maintient le « cadrage » aux 108h annuelles contre 6 heures hebdomadaires dans le projet de novembre. Pour le SNUipp-FSU, le compte n’y est toujours pas. Les enseignants en milieu pénitentiaire doivent être alignés sur la situation des enseignants de SEGPA à savoir 21h sans référence à 108h.

Les oubliés du décret

L’article 5 évoque la situation de fonctions dont « les missions peuvent bénéficier (…) d’un allégement de leurs obligations de service... ». Sauf que ces fonctions ne sont pas clairement évoquées. Nous avons demandé qu’elles le soient dans un arrêté : coordonateurs en EP, référents handicap, animateurs TICE, sciences, ... Pour les compléments de services exerçant sur 2 écoles, -comme pour les TR du second degré- un allégement spécifique est nécessaire et a minima, la dispense de l’APC.

Reprise du chantier indemnitaire pour l’ASH

En parallèle à cette revue des obligations de service, le ministère entend toujours revoir la réglementation des indemnités et heures de coordination et de synthèse perçues par les enseignants exerçant en Segpa/Erea, établissements spécialisés et en Ulis dans une logique d’indemnités forfaitaires, plus équitable et transparente. Après des premières propositions du ministère inacceptables, ce chantier devrait enfin se poursuivre d’ici aux vacances de printemps.

Remise en cause des 36 semaines ? Pour y voir clair

En matière de durée de l’année scolaire, il faut se référer à la Loi (et donc au Code de l’éducation) et pas, comme le font certains, à un simple arrêté fixant le calendrier scolaire (celui du 21 janvier 2014 pour les 3 années 2014/2017). Le code de l’éducation (article L521-1) [1] précise que l’année scolaire comporte "trente-six semaines au moins", "au moins" renvoyant notamment au fait que la durée de l’année scolaire ne peut pas durer "moins" de trente-six semaines complètes pour les élèves.

Par ailleurs, concernant les obligations de service des enseignants du premier degré, le décret 2008-775 du 30 juillet 2008 prévoit que : « Dans le cadre de leurs obligations de service, les personnels enseignants du premier degré consacrent, d’une part, vingt-quatre heures hebdomadaires d’enseignement à tous les élèves et, d’autre part, trois heures hebdomadaires en moyenne annuelle, soit cent huit heures annuelles, aux activités définies à l’article 2. » On a bien la corrélation 108 heures = 36 (semaines) x 3.

[1] Article L521-1 L’année scolaire comporte trente-six semaines au moins réparties en cinq périodes de travail, de durée comparable, séparées par quatre périodes de vacance des classes. Un calendrier scolaire national est arrêté par le ministre chargé de l’éducation pour une période de trois années. Il peut être adapté, dans des conditions fixées par décret, pour tenir compte des situations locales.

 

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