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16 septembre 2008

IUFM : disparition programmée. Septembre 2008

Elévation du niveau de formation des enseignants : une réforme en trompe-l’oeil

Des signes annonciateurs à travers la RGPP, le livre blanc de la fonction publique... laissaient penser que les différents concours, premier et second degré, enseignement professionnel, CPE... étaient menacés dans leur configuration actuelle à savoir :
- concours nationaux (ou pour le premier degré, concours académique avec un programme identique sur tout le territoire et donnant accès au statut de fonctionnaire d’Etat)
- concours accessibles à toute personne titulaire d’une licence ou d’un niveau bac+3
- titularisation prononcée par un jury, après une année de formation dite en alternance. Avec les déclarations de N Sarkozy et de X Darcos de juin dernier, nos craintes sont devenues réalité ! De même, l’intégration des IUFM aux universités, pouvait séduire sur le principe : enfin la dimension “universitaire” de la dite formation des maîtres allait se concrétiser, les travaux et les recherches, notamment en Sciences de l’Education, seraient davantage accessibles aux usagers des IFUM, tant pour la formation initiale que pour la formation continue etc, etc. Si nous avions des doutes cependant sur la concrétisation de cette réforme, il nous faut craindre le pire, car aujourd’hui c’est plutôt de dissolution que d’intégration, dont il est question !

A compter de l’année 2009/10, les différents concours auraient lieu en milieu d’année de master 2. D’une manière totalement démagogique, cet effet d’annonce peut emporter l’adhésion de l’opinion publique et des parents d’élèves sur l’illusion qu’en étant formés plus longtemps, les enseignants seraient mieux formés.

Cependant la préparation au concours, dans sa partie pédagogique et didactique sera réduite à des stages dits de “formation professionelle” au cours du second trimestre de master 2. Ces stages n’étant pas obligatoires, c’est dire l’importance qui leur est accordée par les concepteurs de cette réforme !

Qu’auront à y “gagner” les étudiants ?

Le recrutement à bac + 5, sera pris en compte par une revalorisation du début de carrière. Certes, ce fameux bac + 5 nous le revendiquions, mais nous l’entendions autrement : 3 années de licence + 2 années après le concours validées par un master !

Alors que le nombre d’annuités pour prétendre à une retraite complète n’a de cesse d’augmenter, de fait l’entrée effective dans le métier sera retardée d’une année (voire plus, car si statistiquement il est rare de faire un parcours sans interruption ou “redoublement” jusqu’à la licence, il est encore plus rare jusqu’au master 2).

Cette élévation du niveau de recrutement aggravera la sélection sociale des enseignants. Il est loin le temps où par le biais des écoles normales d’instituteurs et d’institutrices, le métier d’enseignant était un moyen d’élévation sociale pour les jeunes issus des classes populaires.

Les étudiants qui pour des raisons économiques ne pourront poursuivre leurs études au-delà de la licence, deviendront enseignants vacataires, “recrutés" par les futures Agences de remplacement des enseignants...

Quels masters pour accéder aux concours ?

S’il est assez facile d’imaginer les masters correspondant à la plupart des CAPES, quels masters permettront l’accès au concours de professeur des écoles, de conseiller principal d’éducation, de professeur d’enseignement professionel et technique ? Il conviendrait de créer des masters spécifiques mais ceux-ci déboucheront-ils sur des doctorats au même titre que les autres masters ? Si tel n’est pas le cas, il s’agira alors de masters au rabais, permettant l’accès à une carrière d’enseignant pour les plus chanceux et voie de garage pour les autres...

Le risque est grand d’opérer un décrochage entre le premier et le second degré, entre la maternelle et le primaire, entre l’enseignement professionel et l’enseignement général, car y a-t-il réelle volonté de créer autant de masters que nécessaire ?

De même, l’idée d’un cadrage national dans la formation des enseignants, est contradictoire avec la notion d’autonomie des universités. Cela conduira donc inévitablement à des disparités et des inégalités territoriales. Le master de Sciences de l’Education d’une petite université de province, permettra-t-il l’accès au concours de CPE dans telle ou telle académie ???

De la formation pédagogique au compagnonnage...

Dès la rentrée 2010, l’enseignant stagiaire aurait une classe en responsabilité à temps complet et une pseudo-formation en plus de son temps d’enseignement qui prendrait la forme d’un compagnonnage. Enfin, à l’issue de cette année de stage, la seule forme d’évaluation en vue de la titularisation deviendrait l’inspection, alors qu’il est essentiel que la validation se fasse par des personnels autonomes, différents de ceux qui évaluent sur le terrain. Dans ce projet de réforme, les IUFM ne sont pas mentionnés, est-ce à dire qu’ils sont voués à disparaître ? Les supprimer, revient à faire de la hierarchie, la seule parole officielle, le seul vecteur de formation... Les IUFM n’étaient pas parfaits, certes... Il n’empêche que la formation théorique et le cadre offert par l’IUFM permettaient un minimum de recul, de réflexion et de critique sur la pratique, tant pour ce qui est de la formation initiale que de la formation continue.

Or comme chacun sait, il ne suffit pas de maîtriser une discipline universitaire pour concevoir son apprentissage par des élèves et gérer les situations de classe dans leur complexité et diversité. On ne peut pas apprendre uniquement le métier d’enseignant sur le terrain sans aucune pratique réflexive ou conceptualisatrice, sans se référer un minimum aux grands courants pédagogiques, aux travaux des chercheurs en sciences de l’éducation... Ceci est plus que nécessaire notamment pour lutter contre l’échec scolaire.

Sans ce lieu dévolu à la formation pédagogique, à la réflexion, à la communication des recherches, c’est un changement radical dans la conception du métier d’enseignant qui s’opère, mais qui est totalement cohérent avec la réforme des programmes. Nous leur avions reproché principalement l’aspect mécanique et technique qui prenait le pas sur la réflexion et la compréhension. Il est vrai que pour donner des règles, des leçons, des “récitations” à apprendre par coeur, des batteries d’exercies à faire, il n’est pas indispensable d’avoir lu Piaget ou Freinet... cela pourrait même être contre-productif !

 

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