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10 septembre 2018

Evaluations nationales CP/CE1 : d’ingénieurs à ouvriers qualifiés ?

Une RIS spéciale pour échanger et s’armer contre la mécanisation du Ministère

Evaluations CP et CE1 : les enseignants dépossédés de leur professionnalisme ?

Les nouvelles évaluations CP et CE1 mises en place à la rentrée cachent bien leur jeu. Le ministre prétend viser l’amélioration des élèves mais les expériences anglo-saxonnes montrent que les objectifs poursuivis ne sont pas tous avoués. L’évaluation est une composante importante de notre pratique pédagogique. Elle n’a d’intérêt que si elle est pensée en lien direct avec le travail mené dans les classes. Le SNUipp-FSU67 invite donc les équipes à s’emparer collectivement de cette question pour en débattre. Sommes-nous simplement des éxécutants de tâches standardisées imposées ?

Venez nombreux en débattre lors de la RIS du mercredi 3 octobre 2018 à la Maison des syndicats de Strasbourg, salle B, de 9.00 à 12.00

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Mais de quoi « les évaluations standardisées » sont-elles le nom ?

Les nouvelles évaluations CP et CE1 mises en place à la rentrée cachent bien leur jeu. Le ministre prétend viser l’amélioration des élèves mais les expériences anglo-saxonnes montrent que les objectifs poursuivis ne sont pas tous avoués.

1. Comparaisons internationales : Quels modèles de politique publique en lien avec les évaluations standardisées ?.

Trois grands modèles se dessinent dans les pays de l’OCDE

• Modèle libéral :

C’est l’exemple de l’Angleterre, des évaluations qui ont bouleversé de manière importante le système éducatif : concurrence entre les établissements, tests d’indicateurs de qualité de l’établissement communiqués aux parents où la régulation se fait par un jeu de l’offre et de la demande.

Les parents deviennent les nouveaux prescripteurs de l’école exigeant l’émergence des « bonnes pratiques pédagogiques » afin d’améliorer les résultats des établissements.

• Modèle hiérarchique :

Les évaluations apportent une information à l’administration pour l’administration. Elles permettent un contrôle social sur les acteurs de terrain, enseignants et chefs d’établissements.

Contrôle qui comme aux USA peut avoir des conséquences sur les enseignants (salaires, changement d’équipe, fermeture d’établissement) ou avoir des conséquences sur les élèves (redoublement).

• Modèle professionnel :

Les évaluations sont au service des enseignants pour déterminer les besoins de leurs élèves, pour cibler davantage les difficultés pédagogiques et pour faire évoluer la didactique. Ces évaluations ne sont qu’une partie de l’action enseignante et devraient s’accompagner de formation.

En France, malgré une tentative libérale sous le ministère Darcos (est-il besoin de rappeler que monsieur Blanquer en était alors le conseiller ?), les évaluations relèvent aujourd’hui majoritairement des modèles hiérarchisé ou professionnel. Le projet actuel de publication des résultats école par école conduira à une dérive du système scolaire vers le modèle libéral.

Avec tout ce qui en résulte en termes de liberté pédagogique, de salaire, de droits et de statut pour nous autres enseignants : injonctions de recours « aux bonnes méthodes », salaire au mérite (c’est-à-dire une part fixe – minime – et des primes à la tête du client), recrutement par les chefs d’établissement sur profil, embauche massive de contractuels, …

Les intentions des évaluations standardisées sont donc variables. Lorsque les buts réellement poursuivis ne sont pas explicites, le pire n’est-il pas à craindre ?

2. Quels effets sur les pratiques enseignantes ?

De nombreuses recherches, tant aux USA qu’au Royaume Uni ou en Suède ont montré les effets pervers du modèle libéral qui a entraîné de fait chez nos collègues la mise en place de stratégies pour atteindre les objectifs fixés. Avec pour conséquences une transformation de fond des pratiques enseignantes.

La dérive la plus connue est celle du bachotage (teaching to the test). Comment ne pas se souvenir des conseils de certains IEN en 2008, qui pour voir remonter les résultats de leur circonscription, « n’étaient pas opposés » (sic) à ce qu’on entraîne les élèves au type d’exercice donné ?

Le bachotage, induit de fait le rétrécissement des programmes, les évaluations portant habituellement uniquement sur la langue et les maths. Dans un tel système, les résultats de la classe ayant une incidence importante sur le salaire, les élèves les plus en difficulté mettent en péril le pouvoir d’achat de l’enseignant qui, de fait, va concentrer son action sur les élèves susceptibles de le faire progresser.

Le sentiment de déprofessionnalisation, le contrôle social, le jugement extérieur sur son travail, l’obligation d’orienter son enseignement sont autant d’éléments qui portent atteinte à l’estime de soi.

Et dans ces pays, les enseignants sont nombreux à jeter l’éponge.

Voulons-nous en arriver là ?

Tribune à lire ici : La Riposte s’organise !

 

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