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21 avril 2019

Blanquer et les EPSF : Encore un effort pour passer du discours aux actes !

A la veille d’une grève qui s’annonce encore plus suivie que celles du 19 mars dans le premier degré, Jean Michel Blanquer a envoyé une nouvelle lettre électronique, le 2 avril, aux seuls directeurs. Il promet que "l’accord de la municipalité et du conseil d’école sera une condition nécessaire à la réalisation" d’un établissement public des savoirs fondamentaux (EPSF). Cette fois la formule est précise. Mais JM Blanquer ne dit pas comment cet accord nécessaire des conseils d’école entrera dans la loi.

Pour le moment il ne figure pas dans le texte soumis au Sénat. Le Ministre ne parle pas d’amendement.

La forte pression exercée par les enseignants depuis le 19 mars commence à porter ces fruits. La Grève du 4 avril qui s’annonce très suivie pourrait l’amener à modifier réellement la loi.

Dans sa lettre

Jean Michel Blanquer expose les conditions d’ouverture des EPSF :

"Les discussions qui ont commencé avec les organisations syndicales ainsi que les débats à venir devant le Sénat vont nous permettre de préciser les choses et d’apporter de solides garanties sur trois points : la procédure d’abord. Nous souhaitons en effet que les modalités de création d’un EPLESF soient similaires à la procédure utilisée pour déterminer les rythmes scolaires de vos écoles. L’accord de la municipalité et du conseil d’école sera donc une condition nécessaire à la réalisation du projet ; ensuite, sur le nombre d’implantations scolaires : le projet n’imposera jamais le regroupement des écoles sur un site unique ; enfin, sur le statut des directeurs d’école : je tiens à apporter toute garantie quant au maintien de la fonction de directeur d’école. Il n’est pas envisageable qu’une école n’ait pas un responsable local, interlocuteur naturel des parents et de la commune".

Un premier recul ?

Pour la première fois le ministre annonce qu’il veut soumettre à l’accord des conseils d’école l’ouverture d’un EPSF. C’est une première évolution. D’autant que le conseil d’école qui accepterait d’entrer dans un EPSF disparaitrait de fait.

Chaque EPSF sera dirigé par un principal, assisté d’un principal adjoint en charge "des classes du 1er degré", et un conseil d’administration (CA) où il y aura quelques professeurs des écoles. L’entrée dans un EPSF videra le conseil d’école de ses prérogatives. C’est d’ailleurs certainement un des objectifs de leur création que de faire entrer dans un fonctionnement hiérarchique les petites républiques autonomes que constituent les écoles.

Jean Michel Blanquer est beaucoup moins crédible quand il parle des directeurs d’école. " Je tiens à apporter toute garantie quant au maintien de la fonction de directeur d’école", écrit-il. Sans doute mais pas dans un EPSF où l’autorité est détenue par le principal et son adjoint qui sont des personnels de direction. Les professeurs des écoles devraient réussir le concours de personnels de direction pour y entrer.

"Il n’est pas envisageable qu’une école n’ait pas un responsable local", écrit-il pourtant. Ce "responsable local" pourrait bien être un "adjoint désigné, un concierge ?...Mystère !

Il reste du chemin...

Le Ministre ne dit pas comment cet accord des conseils d’école va entrer dans la loi. Car aujourd’hui non seulement il n’y est pas, mais la majorité et le ministre ont refusé toute amendement en ce sens lors du débat à l’Assemblée nationale. A peine le ministre évoque t’il une évolution réglementaire (décret ou arrêté). Il demande à nouveau qu’on lui fasse confiance pour qu’il introduise un décret qui apporterait une restriction à la loi.

Et nous savons à quel point on peut lui faire "confiance" !

Le gouvernement est il prêt à déposer un amendement tel que ceux qu’il a écarté à l’Assemblée ou gagne t’il juste du temps pour diminuer la contestation et la colère montantes des enseignants ?

De l’efficacité de la pression des enseignant.es !

On retiendra de cette lettre surtout le fait que la mobilisation annoncée des professeurs du premier degré pour le 4 avril a un impact. Le ministre sait depuis le 2 avril au soir combien d’écoles seront fermées jeudi 4.

Ainsi à Paris, 230 écoles sur 656 seront fermées, ce qui est historique. Le taux de grévistes pourrait monter à 70% !

La pression des enseignants est efficace, nous sommes près de gagner. Mais nous devons maintenir la pression jusqu’au bout du vote final de la loi si nous voulons maintenir les emplois de directeur d’école et le fonctionnement historique des écoles.

Rendez-vous le 4 avril à 17 heures place Kléber !

 

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