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22 août 2019

France : le pays où les riches sont très riches...

Alors qu’on ponctionne les petites retraites, qu’on réduit les minima sociaux, qu’on va restreindre l’accès aux allocations chômage et réduire les prestations...la France figure en tête – juste après la Suisse – des pays où les riches sont les plus riches. Les personnes qui appartiennent au 1 % le plus aisé reçoivent au moins 7 000 euros par mois, même après avoir acquitté leurs impôts.

A lire dans inegalites.fr

France, le pays où les riches sont très riches

La France est un pays où les riches sont plus riches qu’ailleurs en Europe, même après avoir payé leurs impôts. Le 1 % des Français les plus aisés ont un niveau de vie mensuel (après impôts et prestations sociales) d’au moins 7 000 euros pour une personne seule, en moyenne sur la période 2013-2016. L’Hexagone arrive en deuxième position, juste après la Suisse, pays à part tant il concentre la richesse financière. Le 1 % le plus riche de nos voisins britanniques ou allemands est moins aisé que les Français : il « suffit » de 5 800 euros par mois pour appartenir au club des ultra-riches Outre-Manche et 6 100 euros, Outre-Rhin. En Roumanie ou en Hongrie, on appartient au 1 % le plus riche à partir de respectivement 1 300 et 2 300 euros mensuels « seulement ».

Seuil du 1 % le plus riche en Europe

Unité : euros en parité de pouvoir d’achat

Niveau de vie mensuel minimum

Suisse 8 918

France 6 977

Norvège 6 617

Autriche 6 244

Allemagne 6 116

Royaume-Uni 5 811

Pays-Bas 5 673

Danemark 5 448

Irlande 5 431

Finlande 5 270

Italie 5 072

Belgique 4 967

Suède 4 899

Espagne 4 820

Portugal 3 889

Tchéquie 3 249

Bulgarie 3 147

Pologne 3 145

Grèce 2 984

Slovaquie 2 341

Croatie 2 335

Hongrie 2 265

Roumanie 1 285

Niveau de vie pour une personne seule, après impôts et prestations sociales. Source : calculs Observatoire des inégalités, d’après Eurostat – Moyenne 2013-2016 – © Observatoire des inégalités

Le 1 % des Français les plus riches accapare 5,8 % du revenu national, comme en Grèce et au Royaume-Uni. Seuls les plus aisés des Bulgares et des Danois font « mieux », avec 7 % et 6,4 %. En Norvège, les riches sont très riches (ils touchent au moins 6 600 euros), mais les pauvres le sont bien moins qu’ailleurs : par conséquent, les premiers ne récupèrent « que » 4,2 % des revenus du pays, niveau parmi les plus faibles en Europe.

Part qui revient au 1 % le plus riche dans la masse des revenus du pays Part du revenu national

Bulgarie 7,0

Danemark 6,4

Grèce 5,8

France 5,8

Royaume-Uni 5,7

Suisse 5,5

Roumanie 5,3

Allemagne 5,2

Portugal 5,2

Irlande 5,0

Suède 4,9

Italie 4,8

Autriche 4,7

Espagne 4,5

Hongrie 4,5

Pays-Bas 4,5

Pologne 4,4

Tchéquie 4,3

Finlande 4,3

Norvège 4,2

Belgique 3,9

Croatie 3,7

Slovaquie 3,6

Revenus mensuels après impôts et prestations sociales. Source : Eurostat, moyenne 2013-2016 (années de perception des revenus), calculs de l’Observatoire des inégalités – © Observatoire des inégalités

Des écarts considérables

Attention : il faut utiliser ces chiffres comme des ordres de grandeur car leur collecte n’est pas opérée avec exactement la même méthode dans chacun des pays. De plus, les données sur les très riches sont volatiles. Des variations de revenus exceptionnelles de quelques individus très aisés font varier les données d’une année sur l’autre : nous avons donc calculé une moyenne sur quatre années (2013 à 2016). En France, l’Insee ne publie pas ce type de données, les jugeant peu fiables. Enfin, certains pays de l’échantillon n’utilisent pas l’euro (Danemark, Norvège, Suisse, Royaume-Uni, etc.), ce qui rend plus difficile les comparaisons, même si celles-ci sont réalisées en « parité de pouvoir d’achat » : on tient compte du niveau des prix dans chaque pays [1].

Ces données donnent une indication globale. Elles invalident la thèse d’une fuite des super-riches sous l’effet de la pression fiscale. La France est un pays où les plus aisés gagnent beaucoup d’argent. Et encore, ces chiffres sont mesurés après impôts et prestations sociales : la redistribution a déjà opéré. Comme elle est plutôt développée en France, même en tenant compte des niches fiscales, cela signifie qu’avant impôts, la répartition des revenus en haut de l’échelle est très inégalitaire par rapport aux autres pays. Par leurs salaires, les cadres dirigeants du privé et les hauts fonctionnaires surclassent de loin le reste de la population. Les revenus de l’immobilier ou des placements financiers renforcent encore ces inégalités.

Dans notre pays le débat se focalise souvent sur ces 1 % les plus riches, non sans arrière-pensées. Cela permet aux « riches un peu moins riches » de reporter le mistigri de la solidarité sur une poignée d’individus aux revenus hors du commun. Pour autant, il est vrai que tout en haut de l’échelle la gourmandise est réelle : on vit bien mieux en France qu’ailleurs. Les mesures récentes d’allègement de l’impôt sur la fortune et de baisse de l’imposition des revenus financiers vont accroître les écarts dans les années à venir. Cela ne peut que faire grossir les tensions au sein des catégories populaires et moyennes pour qui, à l’inverse, les revenus baissent ou stagnent.

 

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