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23 juin 2009

Darcos ouvre L’académie en ligne. Juin 2009

Article de François Jarraud, paru sur le site du café pédagogique

"C’est une autre conception de l’école qui se met en place : que le ministère de l’éducation nationale soit celui du secours". Vendredi 19 juin, Xavier Darcos présentait un nouveau service de son ministère : l’académie en ligne. Destiné aux parents et aux élèves avant les enseignants, ce service, réalisé avec le CNED, offre des cours d’été et proposera à la rentrée, nous promet-on, tous les cours de l’enseignement scolaire. Alors Internet va-t-il remplacer l’école et l’éducation nationale les éditeurs ? Ce n’est pas aussi simple…

Ouvert dès vendredi 19 au matin, le site academie-en-ligne propose dès maintenant des cours d’été. D’après Michel Leroy, directeur du CNED, l’offre actuelle, totalement gratuite, concerne 150 cours d’été, du CP à la terminale, soit environ 3 500 pages. Le 15 septembre, le site accueillera les cours du CP au CM2, puis, fin octobre, les cours du collège et du lycée. "On commencera par l’enseignement général", précise M Leroy, puis les disciplines techniques. Ce sera plus difficile pour les enseignements professionnels". Il est vrai que ceux-ci sont très nombreux et peut-être, pour certains d’entre eux, plus délicats à mettre en forme informatique.

Pour Xavier Darcos ce projet se situe dans la tradition républicaine. "C’est la prolongation de l’idéal de l’école républicaine", a-t-il déclaré, "le savoir gratuit, accessible à tous". C’est aussi une conception de l’Ecole. Xavier Darcos insiste sur le fait que le site va transmettre des connaissances. "À l’heure où les technologies de l’information et de la communication mettent le savoir à la portée de tous, tout le temps et partout, l’école a une opportunité extraordinaire de rappeler sa capacité à transmettre des connaissances à partir de ressources précises, fiables, hiérarchisées selon une logique cohérente".

Le ministre donne aussi une dimension internationale à ce projet. "Je souhaite que cet outil contribue au rayonnement de la langue française et à la diffusion de nos contenus éducatifs dans les pays francophones, notamment dans certains pays d’Afrique, où les enseignants qui le désirent pourront trouver gratuitement des ressources de qualité pour leurs élèves".

Mais les contenus sont-ils à la hauteur de ce beau projet ? En navigant sur le site on se rend compte que la couverture des disciplines et des niveaux est très inégale pour ces cours d’été. Ainsi seule la terminale S est présente et encore pour trois disciplines seulement. Ce n’est pas mieux en 5ème où on ne compte que les maths, le français et l’anglais.

Ce qui diminue davantage la portée c’est la qualité de ce qui est porté en ligne. M. Leroy reconnaît qu’il s’agit de cours du Cned portés en ligne. Pour dire les choses plus clairement, les cours d’été sont des pages imprimées numérisées (format pdf). Certaines, pour les l’anglais et l’espagnol, sont accompagnées de séquences audio séparées du cours proprement, comme le cédérom accompagnait le livret de cours du CNED à l’origine. L’enseignement primaire dispose de quelques animations mais très rustiques…

Le M.E.N. va-t-il prendre la place des éditeurs ? Il est clair que ces cours en ligne, présentés comme des cours d’été, sont proposés en concurrence des éditeurs privés. Il faut se rappeler que ces derniers mois le ministre a accompagné plusieurs campagnes contre des manuels jugés tantôt trop lourds, tantôt idéologiquement engagés. C’est dire que le contentieux avec l’édition privée est déjà lourd. L’ouverture ce site risque de faire grincer des dents. Mais ce qui est porté en ligne est beaucoup moins attractif que l’offre privée. Les partisans d’un Etat fort pourraient se réjouir de cette émergence d’un éditeur scolaire public. Les partisans de la liberté trouveraient certainement à redire à la mise en place d’un manuel scolaire unique et d’Etat. Peut-être avec l’académie en ligne risque-t-on d’arriver au point de rupture entre ces deux conceptions.

L’ouverture de ce service est néanmoins un succès qu’il faut saluer. Xavier Darcos ne s’est pas contenté du plan Ecole numérique rurale. Il a lancé un véritable service d’orientation en ligne avec l’Onisep destiné aux élèves et aux parents, avec le site "mon orientation en ligne", et aux enseignants avec "le webclasseur". Voilà maintenant qu’il se soucie d’enrichir Internet des cours du système éducatif français. Il affiche comme objectif au M.E.N de devenir "le premier diffuseur de connaissances numériques" et promet une version mobile des cours de l’académie en ligne. En difficulté dans l’école réelle, Xavier Darcos va peut-être réussir là où on ne l’attendait pas : dans l’école virtuelle.

François Jarraud

 

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