www.snuipp.fr

SNUipp-FSU du Bas-Rhin (67)

Vous êtes actuellement : Archives  / Archives AE, AVS, EVS  / AE, EVS, AVS avant 2008 

fontsizeup fontsizedown impression s'abonner  à la rubrique {} syndiquer le forum
29 février 2008

Des contrats précaires mais indispensables pour l’école. Mai 2007

Des contrats de travail différents, des salaires indignes, aucune formation dispensée… Des dizaines de milliers de personnes en contrat précaire s’investissent dans les écoles auprès des élèves et des enseignants et tracent les contours de nouveaux métiers indispensables. Illustration avec les EVS, AE et l’assistante pédagogique de l’école Mirabeau de Blois.

Elles encadrent et animent, en appui des enseignants de CP, des actions éducatives. Elles accompagnent au quotidien le fonctionnement de l’école en m’aidant aux tâches administratives, en animant la BCD, en s’occupant des nouvelles technologies, en accompagnant les enseignants lors des sorties scolaires… ».

A écouter Catherine Bodin, la directrice de l’école Mirabeau de Blois, égrener les tâches effectuées dans son école par Alix, Johana, Awa et Justine, on pourrait penser qu’enfin des personnels supplémentaires ont été recrutés pour aider les enseignants à assurer toutes les missions qui incombent à l’Ecole. Encore faut-il savoir dans quelles conditions toutes les quatre exercent ces missions. Car loin de s’être vu proposer un vrai métier, stable, appuyé par une solide formation, elles ont été recrutées à très bas salaire, sous des contrats précaires différents et sans une formation autre que symbolique.

Dernière arrivée en temps qu’EVS administrative, Awa M’Baye fait partie des 50 000 recrutés du dispositif EVS, mis en place en 2005 et accéléré à la rentrée 2006 dans le cadre de la mise en oeuvre du protocole sur la direction d’école. Agée de 54 ans, titulaire d’un BTS de secrétariat de direction, elle avait choisi « pour élever ses enfants » de mettre sa vie professionnelle entre parenthèses.

Inscrite à l’ANPE, elle a postulé en juin dernier, a passé dans la foulée un entre- tien à l’inspection académique pour commencer à travailler…début novembre. Après des débuts difficiles dans une école maternelle, Awa est arrivée en janvier à l’école Mirabeau. Ecole qu’elle quittera à la fin de son contrat, le 30 juin, même si comme beaucoup, elle se raccroche, à la rumeur d’une budgétisation du dispositif prévue jusqu’en décembre 2007.

Car ce qui manque le plus pour les EVS, mais également pour les autres types de contrat, c’est le suivi et l’information. Et comme le note Awa, l’interlocuteur privilégié, pour les obtenir est le syndicat. Stéphane Ricordeau, le secrétaire départemental du SNUipp Loir-et-Cher, qui a réuni une partie des EVS du département « ceux qui avaient les moyens de se déplacer », en convient : « Ils touchent 768€ par mois pour 26 heures–leur temps de travail étant annualisé-, ont des contrats de travail de droit privé à durée déterminée qui ne donnent pas lieu à indemnité en fin de contrat. On les laisse dans l’ignorance quant à leur droit. Il a d’ailleurs fallu se battre pour qu’ils puissent toucher la prime de 1000€ de retour à l’emploi ».

A côté de celle d’Awa, la situation d’Alix et de Justine peut paraître plus enviable. Recrutées sur des postes d’assistants d’éducation (AE), elles bénéficient de contrats de droit public et ont par conséquent un statut d’agent public qui leur permet de bénéficier des droits des agents non titulaires de l’Etat.

Elles sont dans l’école sur deux postes affectés aux CP dédoublés. Arrivées, cette année pour Alix et il y a trois ans pour Justine, elles terminent les contrats de six ans commencés par d’autres. L’une comme l’autre espèrent intégrer l’IUFM, conscientes « de la richesse de l’expérience vécue auprès des enseignants ». Mais ce n’est pas évident de continuer ses études avec les 27 heures hebdomadaires effectuées à l’école. Surtout si à cela s’ajoutent la vie de jeune maman d’Alix et pour Justine l’encadrement des activités « coup de pouce » mise en place dans le cadre du réseau ambition réussite dont dépend l’école, ainsi que les petits boulots. Car, pour la jeune femme « ce n’est pas évident de vivre seule avec 1000€ par mois tout en poursuivant ses études ».

Une précarité que Catherine, la directrice dont l’école regroupe les 6 classes du cycle 2 du groupe scolaire Ferry, a comme les enseignants, du mal à supporter « on se sent responsable d’eux, on cherche à les informer, à les aider au maximum mais on sent notamment chez les plus jeunes une certaine insou- ciance, un confort qui tient peut-être à la durée de leur contrat ».

Pour Johana, pas d’insouciance. Chez elle, ce serait plutôt comme un sentiment de révolte quant à sa situation professionnelle. A36 ans, après avoir suivi des études de cinéma et de publicité au Canada, qui lui ont donné en France un niveau bac+2, elle a postulé auprès de l’ANPE à un emploi d’EVS. « Sans envie particulière de travailler avec des enfants, ni surtout de compétences pour cela », elle préférait le profil administratif. Appelée par le collège, elle s’est vu proposer un contrat d’assistante pédagogique renouvelable pour une durée totale de 6 ans. « Payée royalement 554,05€ par mois…avec le supplément familial », Johana travaille 23h sur un mitemps. Ce qui laisse peu de temps pour les études vu que, insiste-t-elle « théoriquement les assistants pédagogiques sont censés préparer un concours d’accès au corps enseignant ». D’ailleurs, dans son établissement, c’est le casse-tête pour les huit assistants qui doivent caser leurs cours…ou leurs enfants.

Ils rencontrent le lundi après-midi les professeurs référents pour connaître leur emploi du temps et savoir dans quelles classes du collège ou d’une école ils vont intervenir pendant la semaine.

Johana, Awa, Justine et Alix, quatre illustrations, sûrement pas parmi les plus sombres, des dizaines de milliers d’emplois précaires qui se sont développés dans l’éducation nationale ces dernières années. Des emplois offrant à peine de quoi (sur)vivre, à un moment où les chiffres officiels établissent le seuil de pauvreté à…788 € par mois.

 

8 visiteurs en ce moment

*Top
©Copyright 2006 - SNUipp-FSU du Bas-Rhin (67), tous droits réservés.