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15 février 2008

La solidarité n’est pas un délit ! Octobre 2007

Lundi 22 octobre 2007, comme dans de nombreuses villes en France, le SNUipp était présent lors du rassemblement à Strasbourg.

Pour soutenir Florimond Guimard défendre le droit à la résistance et pour nous opposer à la criminalisation du mouvement social

La situation des sans-papiers ne cesse de s’aggraver. Les poursuites contre les militants syndicaux, associatifs, politiques, les élus et les simples citoyens qui osent manifester leur solidarité se multiplient. De politiques gouvernementales en incessantes nouvelles lois, lutter contre les expulsions, défendre la liberté de circulation, les droits à la scolarité, à la santé, à la sécurité, à vivre en famille pour toutes et tous devient un délit.

Ainsi Florimond Guimard, professeur des écoles à Marseille, militant syndical et associatif doit comparaître devant le tribunal correctionnel d’Aix en Provence le lundi 22 octobre. Il lui est reproché d’avoir participé à une manifestation non violente avec 200 autres personnes, le 11 novembre 2006 à l’aéroport de Marignane, contre l’expulsion d’un père de famille de deux enfants scolarisés à Marseille. On l’accuse de « violence volontaire sur agent » parce qu’un policier dont le pouce a heurté une barrière a obtenu un jour d’ITT. Il est accusé aussi de « violence en réunion et avec arme », l’arme en question étant sa voiture, avec laquelle il a suivi à distance la voiture des policiers qui emmenaient le père de famille.

Florimond risque 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende.

D’autres personnes subissent cette même répression contre la solidarité. Parmi eux, François Auguste, vice-président de la région Rhône-Alpes, Kadidja ou Françoise Durupt (relaxée lors de son procès, mais le parquet a fait appel)…sont poursuivis pour avoir protesté, en tant que passagers, contre l’expulsion violente de sans-papiers. Ils risquent 5 ans de prison et 18 000 euros d’amende.

Avec les attaques contre le droit de grève, la criminalisation du mouvement social marque la volonté de faire taire toute expression sociale d’un désaccord avec les politiques gouvernementales.

Ironie du calendrier, le 22 octobre est aussi la date choisie par le pouvoir politique en place pour imposer aux enseignants la lecture de la lettre de Guy Môquet dans les lycées et les collèges, afin de célébrer l’esprit de résistance, le jour même où Florimond passe en procès pour avoir résister à l’expulsion de sans-papiers.

Signataires :

Alternative libertaire 67, Fédération anarchiste Strasbourg, Emancipation Tendance intersyndicale, FSU 67, LCR 67, PRS, Sud Education Alsace, Union Syndicale Solidaires Alsace.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

La mobilisation pour Florimond Guimard a été forte, encore plus forte qu’en avril dernier. De toute la France, plusieurs milliers de manifestants sont venus à Aix-en-Provence pour le soutenir et dire, tous ensemble, « La solidarité n’est pas un délit ».

Depuis midi, des délégations aux couleurs des organisations syndicales (FSU, CGT, CFDT et Solidaires), associatives (RESF, LDH…) et politiques (PS, PCF, Verts, LCR…) se sont rassemblées sur la Place de la Rotonde pour un pique-nique avec prises de paroles. A 13 heures, une manifestation a pris le chemin du tribunal où Florimond Guimard était convoqué à 14h. Les manifestants sont restés rassemblés pour une veille citoyenne devant le tribunal jusqu’à la fin de l’audience, vers 19h30. Il y a bien longtemps, excepté en avril dernier lors de la première audience du procès de Florimond Guimard, que les rues d’Aix-en-Provence n’avaient connu pareille situation.

Florimond Guimard, jeune professeur des écoles à Marseille, militant du SNUipp-FSU et du RESF, comparaissait devant le tribunal correctionnel pour « violences en réunion, avec arme par destination, contre agents de la force publique ». Il risquait trois ans de prison et 45 000 euros d’amende.

Le 11 novembre 2006, à l’aéroport de Marseille-Marignane, il avait, aux côtés de 250 manifestants, participé à une action du RESF qui avait empêché l’expulsion de M. Douïbi, sans papiers dont les enfants étaient scolarisés dans une école marseillaise. Florimond Guimard était accusé d’avoir tenté de percuter la voiture de police dans laquelle était M. Douïbi (La voiture de Florimond Guimard étant « l’arme par destination ») ainsi que d’avoir intentionnellement manœuvré une barrière qui aurait blessé au pouce un policier qui s’était vu prescrire un jour d’ITT.

Pendant l’audience, l’examen des vidéos de la manifestation du 11 novembre 2006 à Marignane a clairement montré que les accusations retenues à l’encontre de Florimond ne reposaient sur aucune réalité.

Dans ses réquisitions le procureur en a lui-même convenu, estimant que les violences reprochées à Florimond Guimard « n’étaient pas constituées ». Il s’est déclaré dans l’impossibilité de requérir sur le chef d’accusation retenu. Soulignant les lacunes d’une procédure « ni faite ni à faire », il a demandé la requalification des faits en « rébellion », sans vraiment cacher que lui-même n’y croyait pas… Il a conclu en requérant « une peine de principe » de 2 mois avec sursis et aucune amende.

« Matérialité des faits : zéro ; intentionnalité des faits : zéro ! Ces poursuites sont une injure au droit ! » ont entamé les trois avocats de Florimond Guimard qui ont successivement et brillamment plaidé sur les faits, sur la personnalité, le parcours personnel et professionnel de Florimond et sur l’engagement des enseignants dans le RESF, pour les droits des enfants et, plus généralement, en rendant hommage à notre profession et à ses combats pour toutes les solidarités. Ainsi, au terme de ces plaidoiries non dénuées d’émotions, le RESF a été redéfini en « Réseau Espoir Sans Frontières ». La relaxe a été demandée.

Florimond Guimard s’est déclaré soulagé et satisfait à l’issue de cette journée. Ses avocats nous ont confirmé que la porte était ouverte pour que la relaxe soit prononcée.

Le délibéré est renvoyé au 21 décembre à 14h. Nous restons vigilants et nous serons avec Florimond Guimard ce jour-là.

 

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