www.snuipp.fr

SNUipp-FSU du Bas-Rhin (67)

Vous êtes actuellement : Ecole et société  / L’école et ses adultes : Droits, Débats...  / Organisation du temps de travail des enseignants 

fontsizeup fontsizedown impression s'abonner  à la rubrique {} syndiquer le forum
3 février 2011

"Le temps de travail des enseignants n’est plus un sujet tabou" : Perles et contrevérités par Luc Chatel...

« Le métier des enseignants a beaucoup été bouleversé en 25 ans. Les obligations de service datent de 1950, à l’époque, l’enseignant devait transmettre le savoir. Aujourd’hui, pour moi, le métier d’enseignant ne peut se résumer à cette mission. L’enseignant est aussi là pour travailler en équipe avec les professeurs voisins, pour constituer un projet pédagogique, apporter un soutien individuel, guider ses élèves dans les choix en matière d’orientation, tisser des liens avec les parents », déclare Luc Chatel, ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative, en réponse à une question posée mardi 1er février 2011, lors d’un petit-déjeuner organisé par la fondation Concorde ayant pour thème : « Réformer l’Éducation nationale ».

Le ministre estime ainsi que la durée du temps de service des enseignants n’est « plus un sujet tabou. Quand on discute avec les professeurs, ils abordent la question, et beaucoup de professeurs le font , mais les statuts ne sont pas en relation avec l’évolution du métier », explique Luc Chatel. « Même le PS a évoqué cette question à plusieurs reprises. Ségolène Royal en 2007, même si elle ne l’a dit qu’une seule fois, a affirmé que les professeurs devaient commencer par faire 35 heures [de présence dans les établissements]. En revanche, la question est très taboue du côté des syndicats enseignants, qui en font un cheval de bataille, une digue », note le ministre.

CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE

« De fait, les statuts bougent, pour les transformer par la loi je soutiens quelqu’un pour la prochaine campagne présidentielle qui n’est pas encore candidat, et je l’encouragerai à faire de l’éducation une priorité de la campagne. Quand je vois comme la [loi sur l’] autonomie des universités s’est mise en place, elle était portée par un projet présidentiel et elle a été mise en œuvre immédiatement », donne-t-il pour exemple. « J’imagine qu’il faudra réfléchir plutôt en temps de présence qu’en temps de service, mais il faut un débat public, une réflexion globale, avec une validation nationale. On ne va pas le faire dans l’année qui vient », affirme-t-il.

Également interrogé au sujet des « 120 000 jeunes » sortant du système scolaire sans diplôme et d’un retour à un examen à l’entrée en sixième, comme l’avait proposé le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé , Luc Chatel juge la proposition « contraire à l’idée contenue dans la loi de 2005 de socle commun, et de l’idée de personnalisation [de l’enseignement]. L’important, c’est qu’à 16 ans les élèves maîtrisent les compétences définies par le législateur comme prioritaires », juge le ministre. « Chacun doit aller à son rythme. » Luc Chatel se dit favorable à une école du socle commun, « depuis l’école jusqu’au collège, avec des systèmes d’accompagnement progressif qui détectent les élèves en difficulté et apportent aux élèves l’aide dont ils ont besoin ».

TROIS DÉFIS

Devant plus d’une cinquantaine de personnes, le ministre détaille également trois « défis à relever pour notre système éducatif » : la personnalisation, l’autonomie et la meilleure gestion des ressources humaines. « Aujourd’hui les enseignants sentent leur métier dévalorisé. J’ai passé 48 heures à Singapour, un professeur là-bas est payé entre 3 000 et 5 000 euros et le salaire d’embauche est le même que celui d’un enseignant débutant », avance Luc Chatel. « Nous avons fait le choix pendant 25 ans d’augmenter le nombre de nos enseignants, qui a augmenté de 200 000 en vingt ans, on ne pouvait pas en même temps augmenter les salaires », regrette le ministre. « Aujourd’hui, l’engagement du président de la République c’est moins de fonctionnaires mais mieux payés ». 196 millions d’euros ont ainsi été redistribués aux professeurs, souligne le ministre, qui rappelle que les salaires des enseignants débutants ont été revalorisés de 10 % à la rentrée 2010.

« Le défi majeur à relever c’est de tourner le dos à 25 ans de politique éducative qui a fait fausse route, [à 25 ans] de solution de facilité. À chaque fois qu’un problème s’est posé on a répondu par la création de poste, sans se poser la question de l’organisation du système éducatif, de sa capacité à s’adapter », déclare encore Luc Chatel. « Oui, c’est dur d’être ministre quand il faut supprimer 16 000 postes par an, mais je l’assume. Cette politique est nécessaire, elle oblige à réfléchir autrement, et si on ne le fait pas à l’Éducation nationale, on ne le fait plus ailleurs. »

 

33 visiteurs en ce moment

*Top
©Copyright 2006 - SNUipp-FSU du Bas-Rhin (67), tous droits réservés.