SNUipp-FSU du Bas-Rhin (67)
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ASH : Rased, Psychologues, Segpa...
tout ce qu’il faut savoir
samedi, 4 mars 2017
/ SNU67
La politique d’inclusion menée par le ministère apporte de nombreuses modifications actuellement dans l’ASH. Le SNUipp-FSU vous informe, en fait l’analyse et mobilise.
- CAPPEI : nouvelle formation en recul
- RASED : campagne du SNUipp-FSU pour la défense des RASED
- SEGPA : des inquiétudes sur leur devenir
- Psychologue de l’Education nationale : création du corps.

CAPPEI

Un recul pour la formation spécialisée

Trois décrets relatifs au CAPPEI, nouvelle formation spécialisée, viennent d’être publiés au JO. Le SNUipp-FSU s’était prononcé contre les propositions du Ministère lors du Conseil supérieur de l’éducation du 26 janvier dernier. Un projet que le syndicat n’estime pas à la hauteur des attentes pour une formation spécialisée de qualité.

Avec la publication des textes officiels sur la réforme de la formation spécialisée fin janvier, le CAPPEI, certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’école inclusive, se substitue aux deux diplômes existants, le CAPA-SH et le 2CA-SH. Les objectifs ministériels d’uniformisation entre le premier et le second degré et de mise en conformité de cette formation avec les lois de 2005 et la loi d’orientation de 2013 sont atteints. La référence à l’enseignement adapté disparaît quand l’école inclusive est renforcée, niant ainsi les spécificités de cette adaptation, son rôle et ses réussites. Si cette nouvelle formation offre des perspectives pour les enseignants de second degré, elle constitue une réelle régression pour ceux du premier degré : le volume horaire passe de 400 à 300 heures avant certification avec la perte d’un pré-stage de 3 semaines. D’un côté, un important tronc commun pour tous les enseignants spécialisés qui interviennent auprès des élèves à besoins éducatifs particuliers, dans les Rased, les Ulis, en SEGPA, en prison tant pour le premier que pour le second degré, deux modules d’approfondissement et un module d’adaptation à l’emploi. De l’autre 100 heures « facultatives » en stage MIN (Modules d’Initiative Nationale). La nouvelle formation prône la notion de personne-ressource, au détriment de l’aide directe auprès des élèves. Ces critiques portées par le SNUipp-FSU, et partagées par les associations professionnelles de maîtres E et G (FNAME et FNAREN) n’ont pas été entendues par le ministère. Des concessions ont été faites sous la pression du SNUipp-FSU. Elles portent sur la fonction de tuteur stagiaires, le maintien des deux parcours qui identifient les anciennes options E et G et la semaine n-1 d’aide à la prise de poste. Un certificat sans ambition, en absence de cadre universitaire, puisque le mémoire professionnel dans une démarche de recherche, défendu par le syndicat, laisse la place à un simple dossier. Une réforme qui laisse encore beaucoup de questions en suspens et laisse entrevoir de grandes inquiétudes pour ce qu’il reste de l’enseignement adapté.

Les textes concernant le CAPPEI sont parus au BO du 16 février : le décret 2017-137 créant le CAPPEI, les arrêtés d’organisation de la formation et de l’examen et la circulaire d’application n° 2017-026.

RASED

Les Rased sont à la croisée des chemins. Victimes de suppressions massives de postes de 2008 à 2012, trop peu ré abondés depuis, critiqués voire vilipendés par les tenants d’une approche strictement pédagogique de leur travail, ils ont besoin d’un nouveau souffle. Faute de moyens pour assurer des aides directes aux élèves sur un secteur restreint d’écoles, ils risquent d’être cantonnés à du conseil aux enseignants dans le cadre d’un pôle ressource de circonscription. Or, l’école a besoin de dispositifs d’aides spécialisées internes à l’école. Oui, le service public d’éducation doit offrir gratuitement aux élèves en grande difficulté l’expertise et l’aide des professionnels spécialisés des RASED. Renforcer l’école par des RASED présents partout, c’est un saut qualitatif important, c’est aussi la nécessité d’une formation spécialisée initiale et continue ambitieuse. Un investissement à la hauteur du défi qui est posé à l’école.

Le SNUipp-FSU fait campagne pour que les Rased disposent enfin des moyens nécessaires à leurs missions d’aide spécialisée aux élèves les plus en difficulté.

- Un 4 pages

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4 pages RASED mars 2017

- Un film

- Réaction du SNUipp-FSU à l’enquête IREDU

Alors qu’une étude vient mettre en doute l’efficacité des RASED, pour le SNUipp-FSU ils ont tout leur rôle à jouer dans la prise en charge de la grande difficulté scolaire. Ils doivent être renforcés et développés.

Une étude de l’IREDU* publiée en février 2017, lance une nouvelle polémique sur les RASED remettant en cause leur efficacité. Elle s’inscrit dans une période où la nouvelle formation spécialisée (CAPPEI) est très controversée, en particulier sur la différenciation des missions au sein des RASED. C’est un coup dur pour les personnels des RASED qui s’investissent sans compter malgré le manque de moyens évident pour pouvoir bien accompagner et prendre en charge les élèves en difficulté.

Mettant en relation les résultats aux évaluations nationales CP et CE2 d’il y a 20 ans à partir d’une cohorte d’élèves entrés au CP en 1997 et la prise en charge de certains de ces élèves par le RASED, les conclusions des chercheurs de l’IREDU sont sans appel : « nos résultats plaident dans l’ensemble pour un effet négatif du RASED sur le redoublement et sur le résultat aux évaluations CE2 ». Dans la foulée, l’étude préconise ni plus ni moins que se substituent à l’intervention des RASED, des « programmes permettant un travail avec l’ensemble de la classe mais adapté aux difficultés des élèves ». Cette conclusion hâtive a de quoi troubler. Les élèves d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’il y a 20 ans, le redoublement appartient au passé et les RASED ont depuis évolué, au travers notamment de trois circulaires sur leur fonctionnement.

Attaqués en 2008, les RASED ont perdu un tiers de leurs effectifs, limitant de fait leurs possibilités d’intervention et de suivi dans la durée. Des secteurs couvrant trop d’écoles, un manque de temps pour travailler avec les équipes enseignantes et rencontrer les familles, des équipes incomplètes : autant de facteurs qui sont préjudiciables en premier lieu aux élèves en difficulté qui ont le plus besoin de soutien et d’accompagnement spécialisé. La réponse pour ces élèves ne peut pas être l’externalisation des aides, souvent médicalisées, ou bien le recours à des officines privées.

Alors que l’école inclusive est au cœur de la loi de refondation, il ne serait pas acceptable que des solutions simplistes visant à supprimer les RASED s’imposent dans le débat public. Pour le SNUipp-FSU, les RASED ont leur rôle à jouer pour que chaque élève trouve sa place à l’école. Les renforcer et les développer nécessitent un investissement pour la création de postes, pour des formations spécialisées dans tous les départements et des temps de concertation supplémentaires pour travailler au sein de la communauté éducative.

*Institut de recherche sur l’éducation : sociologie et économie de l’éducation

- Communiqué du Collectif RASED - dont le SNUipp-FSU est membre - suite à l’enquête IREDU

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Communiqué du Collectif RASED suite au rapport IREDU 24 février 2017

Psychologues de l’Education nationale

Colloque FSU

Plus de 250 psychologues scolaires et co-psy étaient réunis le 30 janvier à la Bourse du Travail à Paris pour fêter la création du nouveau corps des psychologues de l’Éducation nationale mais également faire le point sur les avancées, les enjeux et les perspectives.

La FSU avait convié le 30 janvier psychologues du premier degré et conseillers d’orientation psychologues du second à l’occasion de la création du nouveau corps qui les réunit. « C’est l’aboutissement de plus de 25 ans de lutte » commence à la tribune Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU. « C’est une victoire syndicale par rapport à tous ceux qui depuis des années tentent de limiter la psychologie scolaire du primaire aux dépistages et aux orientations vers l’enseignement adapté » poursuit-elle. Jean-Pierre Bellier, Inspecteur général chargé de cette refondation, confirme : « Il y avait des intérêts contradictoires, budgétaires, philosophiques et politiques. Cette refondation trouve ses fondements dans le plan Langevin-Wallon de 46/47. Cette approche ambitieuse du rôle de la psychologie des jeunes sur l’ensemble de leur scolarité se finalise dans un moment où la demande sociale est de plus en plus concentrée sur les questions de bien-être psychologique et de bienveillance ». La contribution des psychologues à la réussite et au développement psychologique et social des enfants et adolescents n’est plus à démontrer. Marie-Rose Moro, psychiatre d’enfants explique : « Entre bien-être, santé et singularité des élèves, les psychologues permettent de comprendre ce qui peut faire mal. Ils sont aussi l’articulation entre le médecin scolaire ou l’assistante sociale et tous les autres adultes de l’école, enseignants, directeur, cantine... ». Mais comment déployer toutes ces missions quand le budget 2017 ne prévoit aucune création de postes de psychologues. La moyenne européenne est de 1 psychologue pour 800 élèves alors qu’en France elle est de 1 pour 1600 ! Catherine Méry, psychologue scolaire à Beauvais est heureuse de cette reconnaissance mais partagée : « Pour les nouveaux, il n’y aura plus de rapport à l’acte pédagogique même s’il représentait un conflit de loyauté ». Bernard Robin qui exerce à Ville Fagnan positive : « Avec le renouvellement du corps il faudra inventer d’autres façons de penser le travail d’équipe ». Tous s’interrogent sur la place et la disparition progressive des RASED qui rendrait leur travail plus solitaire. De nombreux textes complémentaires sont attendus sur la formation, l’évaluation ou la structuration de la filière hiérarchique. Mais comme le rappelle Bernadette Groison : « La création de postes et le nombre de postes ouverts au concours permettant d’assurer le renouvellement de la profession font partie de nos prochaines batailles ».

Pour tout savoir sur le nouveau corps, les concours, le détachement ou l’intégration.... SNUipp-FSU vous propose un memo des psychologues de l’Education nationale.

PDF - 3 Mo
Memo psychologue Education nationale

SEGPA

En danger

Après la circulaire de 2015 sur les SEGPA nous avons les décrets relatifs à la nouvelle formation des enseignants "spécialisés"(cf. article précédent). Mettre en relation ces textes va peut-être nous permettre de voir à quelle sauce les SEGPA vont être mangées. La situation actuelle sur le terrain est très variable d’un département à l’autre, d’une SEGPA à l’autre. Il y a dans le Bas-Rhin des SEGPA en REP, donc avec des effectifs allégés, qui pratiquent l’inclusion quasiment totale des élèves de 6ème mais dont on a pas de retour officiel ; il y a des SEGPA qui pratiquent des inclusions partielles (en allemand par exemple) dans des classes très chargées ( plus de 28 élèves) et où les élèves sont en échec. Il y a aussi des SEGPA qui du fait qu’il y avait peu d’élèves inscrits pour la rentrée 2016 avaient proposé de travailler comme le préconise la circulaire 2015 en co-animation ou en co-intervention en intégrant ces élèves dans des classes d’enseignement général. Résultat : fermeture d’un poste et cours double imposé. La logique comptable l’a emporté sur la mise en place de véritables moyens assurant la réussite des élèves en grande difficulté. Hélas on voit bien ce qui prédomine derrière l’inclusion c’est uniquement la réduction des coûts. Généraliser l’inclusion sans donner les moyens nécessaires pour ce faire ne pourra qu’aboutir à un échec. Avec la nouvelle certification le Ministère entérine la disparition de l’adaptation et des options (sauf pour les E et G). Cette disparition de l’adaptation laisse craindre à terme une liquidation des SEGPA et des érea même si la circulaire de 2015 confirme la SEGPA avec 4 divisions. Dans l’état actuel, avec des classes souvent surchargées il est illusoire de mettre en place une vraie inclusion qui permette aux élèves en grande difficulté ou porteur de handicap de réussir. A cela, il faut ajouter que la mise en place de l’école inclusive ne pourra se faire que si un nombre conséquent d’heures est alloué à la préparation, au suivi, à la mise en place des groupes de besoin, des projets, à la coordination des actions pédagogiques, à l’élaboration de la progressivité des apprentissages de chaque élève. Enfin le travail de suivi et d’orientation des élèves par les des enseignants de SEGPA, comme d’autres enseignants exerçant dans l’ASH n’est toujours pas reconnu puisque le versement de l’ISOE nous est toujours refusé.

Pour plus de renseignements ou si vous avez des questions sur tous ces sujets, n’hésitez pas à contacter le SNUipp-FSU67

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