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Journée de carence : battre en brèche les idées reçues !
L’INSEE publie son étude le 10 novembre
lundi, 20 novembre 2017
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Le jour de carence dans la fonction publique sert-il à quelque chose ?

Une étude de l’Insee, publiée vendredi 10 novembre, permet d’y voir plus clair.

Quel effet du jour de carence sur les absences courtes ?

Pour les absences de courte durée, l’étude de l’Insee indique qu’entre 2012 et 2014, lorsque le jour de carence était appliqué dans la fonction publique, le nombre d’absences de deux jours a diminué de moitié.

Deux nuances, cependant : les absences d’une seule journée n’ont, elles, pas diminué. L’Institut émet l’hypothèse que « pour éviter une retenue de salaire due au jour de carence, les agents peuvent préférer substituer à un arrêt maladie un autre type d’absence — jour de RTT, jour de congé annuel, autorisation d’absence… ».

Deuxième nuance : le rétablissement du jour de carence n’a pas fait baisser l’absentéisme global des fonctionnaires. Si l’on étudie cet absentéisme sur une semaine donnée, le nombre d’agents absents pour raison de santé demeure stable, carence ou pas.

A NOTER : L’absentéisme est toujours nettement plus élevé dans le privé que dans la fonction publique : c’était le cas de 2,91 % des fonctionnaires en 2014, contre 3,68 % des salariés du privé.

De ce point de vue, l’étude donne raison aux députés socialistes qui avaient supprimé le jour de carence en 2014. Son « instauration n’a pas eu les effets escomptés et n’a pas permis de réduire significativement l’absentéisme », disait le projet de loi de finances 2014.

Quel effet sur les longues absences ?

Si l’on prend en compte les absences pour raison de santé d’une semaine à trois mois, elles augmentent avec la carence, selon l’étude : « Cette hausse pourrait s’expliquer par trois mécanismes. Tout d’abord, le jour de carence engendre un coût fixe pour le salarié à chaque prise d’arrêt maladie. Un agent n’a donc pas intérêt à hâter son retour au travail avant d’avoir la certitude d’être guéri. Ainsi, il peut trouver prudent de prolonger son arrêt, pour éviter une rechute synonyme d’une nouvelle pénalité. »

Deuxième mécanisme, un agent malade pourrait, du fait de la carence, « hésiter à s’arrêter de travailler pour se soigner ». Son état se dégradant, cela « conduirait in fine à des arrêts plus longs ». Autre cas, les agents peuvent avoir « le sentiment d’être injustement mis à contribution », ce qui les conduirait, « par réaction, à prolonger un peu cet arrêt ».

Avant d’être Président, Emmanuel Macron estimait que la journée de carence était injuste et inefficace. Devenu Président il la met en oeuvre. L’étude de l’INSEE va dans le sens de ce que le SNUipp-FSU martelle depuis longtemps. C’est de la démagogie et du fonctionnaire bashing de bas étage !

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