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  • 02 04 2021 - COURRIER MEN POINT CRISE SANITAIRE
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8 avril 2021

Fermeture des écoles : quelle continuité pour ne pas creuser les inégalités scolaires ?

FERMETURE DES ECOLES :

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QUELLE CONTINUITE POUR NE PAS CREUSER LES INEGALITES SCOLAIRES ?

1) Consigne syndicale, FAQ et courrier au ministre

Le ministère de l’Education Nationale a fait paraître une circulaire détaillant les consignes relatives à la mise en œuvre de la « continuité pédagogique » pour la période de fermeture des écoles du 6 au 10 avril inclus.

En opposition à l’objectif officiel de « garantir la poursuite des apprentissages » qui ne peut qu’aboutir à un renforcement des inégalités scolaires, et alors que rien n’a été entrepris par l’Education Nationale pour réduire la « fracture numérique », le SNUipp-FSU propose cette consigne syndicale, portée à la connaissance du ministre dans un courrier adressé le 2 avril par le secrétariat général du SNUipp-FSU :

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02 04 2021 - COURRIER MEN POINT CRISE SANITAIRE

Les questions/réponses concernant les obligations relatives à la « continuité pédagogique » dans la « FAQ Covid-19 Infos » du SNUipp-FSU ont fait l’objet d’une actualisation récente : https://covid-19.snuipp.fr/

2) Analyse de la circulaire du MEN : souplesse d’organisation mais des directives qui creuseraient les inégalités

La circulaire d’avril 2021, qui s’inscrit dans le cadre du plan de continuité pédagogique publié en catimini à l’été 2020, reprend dans les grandes lignes les instructions de mars/avril 2020. Les modalités d’organisation de l’enseignement à distance ne sont pas imposées ; le recours aux classes virtuelles n’est pas requis pour le premier degré, pas même l’utilisation d’outils numériques pour la maternelle.

Les directions d’école ont la responsabilité de la communication aux familles du dispositif de continuité choisi, mais également celle de s’assurer de la mise en œuvre des moyens de communication.

Reprenant à son compte les initiatives déployées par la profession en mars et les orientations défendues par le SNUipp-FSU, la circulaire estime que « le maintien du lien avec les familles et les élèves est essentiel, même si la période considérée n’est que de quelques jours ». La prescription est donc explicite : « Chaque élève doit rester en contact avec l’institution scolaire pendant la semaine du 6 au 10 avril ».

Les prescriptions relatives à la continuité des apprentissages sont précises et restreintes aux « fondamentaux » (lecture, écriture, opérations, résolution de problèmes ». Les ressources officielles (Canopé, Lumni, eduscol) sont rappelées, mais sans leur conférer un caractère obligatoire.

Nouveauté de la période rendue possible avec l’accès aux sorties dans un rayon de 10 km sans limite de temps, la pratique de 30 minutes quotidiennes d’activités physiques est encouragée. Le déploiement des Stages de remise à niveau (SRAN) est proposé en distanciel sous la forme de « classes virtuelles », sur les deux semaines des vacances de printemps. Afin d’éviter « le désœuvrement » pendant les deux semaines de vacances, il est recommandé aux PE de proposer à leurs élèves « un programme d’activités physiques, jeux et parcours de découverte culturelle à distance ».

Des instructions sont données aux psychologues de l’Education nationale pour assurer des missions de suivi des élèves. Aucune consigne ne concerne les autres personnels des RASED.

Commentaires du SNUipp-FSU

Le maintien « quoi qu’il en coûte » des orientations ministérielles sur le recentrage exclusif autour des « fondamentaux » ne manquera pas de renforcer les inégalités scolaires en évacuant des apprentissages indispensables à l’accès à une culture commune. La convocation des familles comme « auxiliaires de l’école » reproduit également l’invisibilité de l’inégale maitrise sociale et culturelle des codes de l’école. De ce point de vue, la recommandation de privilégier la résolution de problèmes en mathématiques, situation pédagogique complexe, ne peut que confronter des parents à un sentiment d’incompétence et des familles à des situations potentiellement conflictuelles. Le SNUipp-FSU invite plutôt à ne proposer que des situations de révision, d’entrainement de notions déjà traitées en classe (cf. « consigne syndicale » et FAQ SNUipp-FSU Covid-19 Infos).

Considérant l’urgence dans laquelle se met à nouveau en œuvre la continuité, sans renforcement du niveau d’équipement des familles, des écoles, des PE, ni formation de la communauté éducative au numérique, l’obligation de maintien d’une communication directe n’apparaît guère possible de manière généralisée. Les initiatives d’équipes ou de collègues s’appuyant sur la distribution de documents écrits à la sortie des classes sont également pertinentes et doivent pouvoir être considérées comme conformes à la consigne générale du maintien du lien. Les éventuelles injonctions d’IEN au maintien d’un contact quotidien vont au-delà des prescriptions de la circulaire et sont donc abusives.

Dans des conditions « ordinaires » en présentiel, les SRAN procèdent déjà d’une externalisation de la prise en charge de la difficulté scolaire qui participent d’une indifférence aux différences dans le temps de classe, et une surestimation des différences dans le temps du stage. Ces dispositifs n’ont jamais fait leur preuve de leur utilité en termes d’acquisitions transférables et durables. Dans les conditions de l’enseignement à distance, on voit mal comment ces stages, maintenus en dépit de l’absence de bilan positif, pourraient produire des effets bénéfiques alors que les élèves ont également besoin de repos et de loisirs.

La proposition faite aux PE de suggérer des activités sportives et culturelles pendant les vacances pose question. Si on peut se satisfaire que la circulaire reconnaissance le temps des vacances comme celui des loisirs et non des devoirs, la recommandation place les PE en position de prescrire de « bonnes pratiques » éducatives aux familles. Cet empiètement sur les prérogatives éducatives des parents d’élèves soulève des problèmes d’éthique professionnelle. Il sous-entend une hiérarchie sociale des pratiques éducatives familiales et peut mettre en défaut les familles populaires par manque de ressources économiques (acquérir un vélo ou des jeux n’est pas possible en situation de précarité) ou du fait de pratiques culturelles usuelles non valorisées par l’école.

Enfin, si la communication aux familles relève des missions ordinaires de la direction d’école, directeurs et directrices ne peuvent être comptables des moyens de communication à mettre en œuvre. C’est là la responsabilité de l’institution. Une responsabilité qui, tant du point de vue de l’équipement numérique que de la formation, n’a pas été assumée depuis la rentrée de septembre 2020.

 

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