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22 mai 2021

Direction d’école et loi Rilhac : Ne pas devenir les "managers" de l’école !

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Les répercussions à venir sur le fonctionnement de l’école.

Après avoir été adoptée par l’Assemblée nationale le 24 juin 2020, la proposition de loi « créant la fonction de directrice ou de directeur d’école » (dite PPL Rilhac) a été discutée et votée au Sénat le 10 mars 2021. La chambre haute y a ajouté des amendements qui, s’ils sont conservés en 2ème lecture, modifieraient en profondeur la direction de l’école, ce qui aurait d’importantes répercussions sur son fonctionnement.

On a pu entendre dans les médias ou lire ici ou là que les directeurs et directrices de France sont très déçus du retard de la mise en place de la loi Rilhac !

Quelques rappels s’imposent donc !

74 députés LREM viennent d’écrire un courrier au Ministre pour appuyer la demande de vote de la loi Rilhac. Des directeurs d’écoles, des associations non représentatives et des syndicats enseignants minoritaires (représentants moins de 34% des voix aux dernières élections professionnelles) sont mis en avant dans un simulacre de dialogue social qui rappelle étrangement Avenir Lycéen (le syndicat lycéen "maison" encouragé par les services du Ministre) : le ministère choisit et sélectionne une obscure association qui (coup de chance !) partage ses idées, puis la met en avant pour donner l’impression que l’ensemble du milieu concerné attend la réforme blanquerienne avec impatience.

Les rares fois où le ministère ne fait pas en sorte de squeezer les collègues et leurs représentants, lors des rares enquêtes qui ont eu lieu, la profession dit tout autre chose et est bien loin de réclamer « un plus grand pouvoir de décision » et un nouveau statut ! Non « les directeurs n’attendent vraiment pas ces mesures pour la rentrée prochaine » ! Ce qu’elles et ils attendent ce sont des moyens ! Mais c’est plus difficile à accorder qu’un statut, qu’un peu d’autorité, ou qu’une médaille en chocolat…

On comprend donc que les députés de la majorité soutiennent les pro-Rilhac !

L’enquête de décembre 2020 lancée par le SNUipp-FSU, et remplie par plus de 7000 collègues directeurs d’écoles le montrait bien :

Les mesures ministérielles qui ont inspiré le rapport Rilhac y étaient largement dénoncées, les collègues ne veulent pas devenir des managers scolaires. C’est surtout du temps, des moyens humains, formés, pérennes et non précaires, une revalorisation salariale pour toutes et tous, et moins de pression administrative qui sont réclamés !

Enfin, les collègues ne sont pas dupes, la réforme si moderne que veulent nous vendre députés macronistes, associations et leurs alliés syndicaux, c’est en fait la vieille réforme hiérarchique tentée par la droite depuis plus de 30 ans.

Le glissement de l’autorité fonctionnelle vers l’autorité hiérarchique nous sera imposé ! Ce qui menace les directrices et directeurs, c’est une détérioration de nos conditions de travail qui sont déjà...dégradées ! Plus de missions, plus de responsabilité vis à vis des collègues, des parents, des communes...sans rien en échange ! Sans davantage de temps, sans aide administrative, sans réelle revalorisation.

Les seuls "gagnants" ? Les IEN qui vont être déchargés de certaines missions et responsabilités.

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Quelques extraits d’un texte de Frédéric Grimaud, Professeur des écoles, Docteur en sciences de l’Education et syndicaliste chercheur, il mène des travaux sur le travail des professeurs des écoles.

- UNE PRESCRIPTION EXIGENTE : la direction d’école

La prescription revêt enfin parfois un caractère « exigeant » en ce sens qu’elle est couplée avec un système de contraintes dans la manière et la rapidité demandée pour l’exécuter. Dans les écoles, c’est le cas par exemple de la prescription faite aux directrices et directeurs. Une prescription permanente, presque harcelante, qui met leur activité sous tension. Ce que les héritiers de Taylor ont appelé le "lean-management". Dans mes recherches un directeur me confiait : « ce tableau on doit le rendre pour le 13 mai. Mais tu peux être sûr que l’inspectrice elle va me le demander en mars, et me le rappeler toutes les semaines jusqu’à ce que je le lui envoie ». Cette confession est d’autant plus troublante que ce directeur sait que s’il n’envoie pas le document attendu avant la dead-line, rien ne se passe. Et même s’il envoie ce tableau en retard, rien ne se passe non plus. Une tâche qui le fatigue d’autant plus qu’elle ne sert à rien pour le bon déroulement de l’école. On est dans le cas d’une prescription presque absurde mais à laquelle il faut se plier, illustrant le rôle majeur de l’OSTE (Organisation scientifique du travail) : que le travailleur fasse l’expérience quotidienne de la soumission.

Son blog est ici : https://blogs.mediapart.fr/fredgrimaud/blog

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-A propos des nouvelles quotités de décharges en vigueur dans le Bas-Rhin à la rentrée 2021, lire ici : https://67.snuipp.fr/spip.php ?article6944

- Les infos sur la Direction d’école en un clic ici : https://67.snuipp.fr/spip.php ?article5966

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