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Projet de loi de finance 2022 - l’analyse du SNUipp-FSU
jeudi, 7 octobre 2021
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Le gouvernement a présenté mercredi 22 septembre le projet de loi de finances pour 2022.

Les dépenses du budget général de l’État s’établissent à 385 Mds€ (424,7 Mds€ en 2021), soit une baisse de 39,7 Mds€. C’est donc bien un budget de rigueur que le gouvernement prévoit pour l’État.

Budget de l’éducation nationale

Le budget total s’élève à 57 Mds€ (+1,9 Mds€), hors contributions aux pensions de l’État (78,7 Md€ pensions comprises).

Sur le périmètre enseignement scolaire, le budget s’élève à 55,2 Mds€ (+1,6 Mds€). En réalité, le budget en euros constants, c’est à dire corrigé de l’inflation estimée à 1,5%, n’est en hausse que de 0,8 Mds€. Les dépenses de personnel absorbent déjà un peu plus de 0,7 Mds€.

On est donc bien loin de la « poursuite d’une croissance forte des moyens » annoncée par le ministère pour 2022 !

Il y aura 50 créations d’emplois en 2022, dont bénéficieront les services administratifs.

Premier degré

La baisse démographique est estimée à -81 000 élèves à la rentrée 2022.

La « priorité donnée à l’école primaire » se poursuit, mais à moyens constants : aucun emploi supplémentaire n’est créé en 2022 dans le premier degré ! Il faudra tout de même achever la limitation à 24 élèves par classe en GS, CP et CE1, poursuivre le dédoublement des GS en éducation prioritaire, augmenter les décharges des directeurs et directrices d’école, et créer des emplois d’IEN dédiés aux missions de contrôle de l’instruction en famille et des écoles hors contrat.

Second degré

Comme le premier degré, et malgré une hausse démographique estimée à plus de 24 000 élèves, le second degré devra se serrer la ceinture sans moyens supplémentaires. L’augmentation du volume d’HSA permettra de dégager un équivalent de 475 ETP, à supposer que ces heures supplémentaires soient réellement consommées. La création de 350 emplois pour renforcer l’accompagnement des élèves et mettre en œuvre le Plan mixité sociale se fera par redéploiement, tout comme la création d’emplois supplémentaires d’inspecteurs.trices.

Mesures en faveur des personnels

Une enveloppe de 726 M€ est portée au budget 2022 au titre des « mesures de revalorisation » : poursuite des mesures engagées en 2021 (126 M€), nouvelles revalorisations pour les directeurs·trices et d’autres catégories de personnels (400 M€), financement de la protection sociale complémentaire (200 M€).

Un budget de 5 M€ est également prévu pour améliorer l’accès au logement et développer une offre de prestations à destination de tous les personnels du ministère.

Mesures en faveur des élèves

- Accompagnement social, bourses : 841 M€
- Petits-déjeuners à l’école : 12 à 14 M€
- Pass Culture : 47 M€
- Mesures en faveur de Mayotte (constructions scolaires) : 94 M€
- Internats d’excellence : 30 M€ (inscrits dans le plan de relance)
- Poursuite d’études, Cordées de la réussite et CAP en 3 ans : 45 M€ (inscrits dans le plan de relance)

École inclusive

Elle bénéficiera de +211 M€ de moyens supplémentaires pour une enveloppe globale de 3,3 Mds€.

AESH

4 000 emplois d’AESH seront créés en 2022, comme en 2021

Jeunesse et vie associative

Des dispositifs font l’objet d’une hausse significative de crédits.

- Le service national universel (SNU) sera abondé de 50 000 nouveaux jeunes volontaires, pour un montant de 110 M€ (+48 M€ par rapport à 2021).
- Le Service civique concernera 200 000 jeunes volontaires. Le coût au budget n’est pas chiffré (505 M€ en 2021 pour 145 000 jeunes).
- Plan mentorat « 1jeune1solution » : 27 M€
- Autres (vie associative) : 50 M€

Plan de relance

Le MENJS bénéficie de 393 M€ de crédits additionnels, dont 122 M€ pour l’enseignement scolaire (internats d’excellence 30 M€, transformation numérique de l’administration pédagogique et des contenus 47 M€, poursuite d’études bacheliers, Cordées de la réussite et CAP en 3 ans 45 M€).

Ce qu’en pense le SNUipp-FSU

Le gouvernement n’a toujours pas tiré de leçons de la crise, ni dégagé les priorités en matière de besoins sociaux. Le choix est fait de ne pas affecter le financement nécessaire pour investir dans les services publics en refusant de mettre à contribution les ménages les plus aisés, les grandes entreprises et en développant la lutte contre la fraude et l’optimisation fiscale.

Pour le SNUipp-FSU, ces choix politiques passent à côté des urgences accentuées par la crise sanitaire. Dans l’éducation, la priorité accordée au primaire reste totalement virtuelle sans création de postes supplémentaires.

Dans les semaines à venir, le SNUipp-FSU interpellera les parlementaires à tous les niveaux pour porter le bilan des quatre années écoulées et exiger d’autres choix pour l’éducation.

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